Du Café de l'Ouest à Ouagadougou

Croisière pour l'alphabétisation des enfants aveugles du Burkina Faso

Image d'accueil: Ecole Braille Jean-Marc Meyrat à Boulsa au Burkina Faso

Catégorie: Ca c’est d’la musique

Introduction

Dimanche 11 juillet 2010

Audio: Lightning & Group _ Long John

Cette présentation de quelques artistes non seulement d’avant, mais aussi d’après-guerre célèbre le génie des musiciens aveugles.

Elle se concentre tout d’abord sur les instrumentistes et chanteurs de blues et de gospel qui ont vécu durant la grande dépression économique des années 30 aux Etats-Unis d’Amérique. Puis elle présentera quelques musiciens de jazz, particulièrement marquants quelques musiciens de Country, pour finir par quelques représentants de la pop music.

Victimes des préjugés liés à leur cécité doublée de la couleur de leur peau, les musiciens de Blues jouaient généralement au coin de la rue ou au sortir des grandes usines, où trimaient les ouvriers noirs qui avaient quitté la misère du sud pour rejoindre les métropoles industrielles du nord-est.

Comme dans les pays pauvres aujourd’hui, la cécité est aux Etats-Unis de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème, une maladie de pauvres. En effet, ce sont très souvent des maladies mal soignées faute de moyens, qui sont la cause de la perte de la vue. Cependant, il ne faut pas occulter que la pauvreté et la dureté de ces temps-là, sont autant de facteurs de violence qui auront de conséquences dramatiques sur la vue de certains musiciens aveugles célèbres: tel Blind Willie Johnson qui perd la vue après que sa belle-mère acariâtre lui a balancé du vitriol au visage, ou Blind Joe Reynolds, qui devient aveugle après avoir reçu un coup de fusil.

Cependant, le Blues demeure l’expression la plus cruelle de la douleur. De la douleur causée par l’exclusion sociale de l’esclavage ou de l’emprisonnement, tel que l’exprime cette femme qui chante tout en actionnant sa machine à coudre.

Audio: Odea Mathews – Something within me

A l’instar d’Homère, le public fasciné par la cécité, prête à ces artistes, des dons de transmission de la spiritualité. Ceci est d’autant plus vrai qu’un grand nombre de ces musiciens chantaient dans les églises. Faut-il voir dans la présence de l’orgue dans les lieux de culte, l’explication quant au fait que beaucoup de musiciens aveugles jouent du piano? c’est bien possible. Mais ceux qui seront présentés plus avant, ont depuis longtemps quitté les lieux saints pour se retrouver dans la rue et dans les bars, avec une guitare rafistolée et un harmonica pourri.

Les aveugles ont bien compris le profit qu’ils pourraient tirer de leur cécité. Ainsi, il n’hésitent pas à faire précéder leur nom ou leur pseudonyme du mot « blind » comme s’il s’agissait d’une particule de noblesse. Le guitariste Eddie Lang n’était pas aveugle, pourtant il a enregistré quelques pièces sous le pseudonyme de Blind Willie Dunn.

On peut sans risque de se tromper, soutenir que beaucoup d’entre eux n’auraient pas chanté une note s’ils n’avaient pas été aveugles. Mais en ce temps-là, comme chez nous en Europe il y a quelques décennies encore, le métier de musiciens représentait pour les aveugles, un des seuls moyens de subvenir à leurs besoins. Rappelons-nous les musiciens aveugles qui animaient les rues et les gares de nos villes dans les années 60: ce n’est pas si vieux, A chacun son blues…

Bonne écoute!

Audio: B.B. and Group – Black woman

Blind Lemon Jefferson

Dimanche 11 juillet 2010

Clarence Jefferson est né à Couchman au Texas près de Wortham. On a longtemps cru qu’il était né en 1897 mais des recherches menées un siècle plus tard font remonter sa naissance en 1893. De la même façon, les historiens ne se mettent pas d’accord sur la cécité de Jefferson. En effet, certains pensent qu’il est né aveugle alors que pour les autres, sa vue s’est dégradée avec le temps pour des raisons inconnues.

Jefferson a un jeu de guitare rapide et intriguant couplé à une voix particulièrement haute. Il est un des pionniers du Texas blues et aura une grande influence sur la génération de chanteurs et de guitariste de blues qui suivra notamment Leadbelly et Lightnin’ Hopkins.

Encore adolescent, vers 1912, Jefferson commence à vivre de la musique en se produisant à des pique-niques ou à des fêtes. Il joue également dans les rues de plusieurs ville du Texas. Sur ses débuts, son cousin, Alec Jefferson, écrira : « Il était désagréable et grossier. Les hommes prostituaient les femmes et faisaient de la contrebande d’alcool pendant que Lemon chantait pour eux durant toute la nuit. Il commençait vers 20h et continuait jusqu’à 4h du matin. »

En 1917, Lemon part jouer à Dallas, où il joue avec Leadbelly et se marie.

Vers décembre 1925 ou janvier 1926, il arrive à Chicago dans l’Illinois pour enregistrer son premier morceau. Ses deux premiers enregistrements sont des gospels sortis sous le pseudonyme de Deacon L. J. Battes.

Entre 1926 et 1929, il enregistre une centaine de morceaux : 43 sont publiés dont 42 pour Paramount Records. Malheureusement, les techniques de studio et la qualité des enregistrements de Paramount Records n’étaient pas suffisantes. Ceci amène, en mai 1926, Paramount à réenregistrer les succès de Jefferson Got the Blues et Long Lonesome Blues dans les installations des laboratoires Marsh. Les différentes versions apparaissent d’ailleurs sur différentes compilations et peuvent ainsi encore être comparées.

C’est en grande partie grâce à la popularité d’artistes tels que Blind Lemon Jefferson et ses contemporains comme Blind Blake et Ma Rainey que Paramount devient le premier label de blues des années 1920.

Mayo Williams, le lien de Paramount avec la communauté noire, lui procure une Ford dépassant les 700 dollars, une compensation fréquente pour les droits d’enregistrement à cette époque.

Mécontent de ses revenus, bien que Williams rapporte que le compte en banque de Jefferson dépassait les 1 500 dollars, il quitte la Paramount pour Okeh Records en 1927. OKeh enregistre et publie rapidement les morceaux Black Snake Moan et Matchbox Blues que nous allons entendre, qui resteront ses seuls enregistrements pour ce label à cause d’obligations contractuelles avec Paramount.

En même temps que sa célébrité grandissait, les rumeurs concernant sa vie prenaient également de l’ampleur. Un employé de Paramount raconta au biographe, Orrin Keepnews, que Jefferson était un coureur de jupons, alcoolique et débraillé alors que les voisins de Jefferson à Chicago, le décrivait comme chaleureux et cordial. De même, le chanteur, Rube Lacy assurait que Jefferson refusait toujours de jouer le dimanche « même si vous me donnez 200 dollars ».

Quand il revient chez Paramount quelques mois plus tard, Matchbox Blues est devenu un tel succès que Paramount le réenregistre et en sort deux nouvelles versions. Encore une fois, les enregistrements de Paramount ne tiennent pas la route en comparaison avec la version de OKeh.

Jefferson meurt sans un sou à Chicago en décembre 1929. La cause exacte de sa mort reste inconnue. Les rumeurs parlent de l’empoisonnement de son café mais un scénario plus probable semble être une crise cardiaque après que Jefferson se soit perdu au cours d’une tempête de neige.

Il est l’auteur de nombreux thèmes comme: See That My Grave is Kept Clean que reprendra Lou Reed, ou Matchbox Blues, qui fut enregistré 30 ans plus tard par les Beatles dans une version rockabilly créditée à Carl Perkins, qui lui-même avait omis de mentionner Jefferson dans sa version de ce morceau réalisée en 1956.

Audio: Beatles, Matchbox Blues

Enfin, son nom serait à l’origine du nom du groupe Jefferson Airplane.

Audio: Match Box Blues

Blind Willie Johnson

Dimanche 11 juillet 2010

Willie Johnson serait né en 1900, mais Tom Shaw, bluesman qu’il rencontre à la fin des années 1920, lui donne entre quarante et cinquante ans à cette époque. Son certificat de décès place sa naissance en 1897. Fils de George Johnson, il perd sa mère lorsqu’il a trois ou quatre ans et devient aveugle à sept ans car sa belle mère lui a jeté, après une dispute avec son père, du vitriol au visage. Dès l’âge de cinq ans, il manifeste sa volonté de devenir prêcheur et son père lui fabrique une guitare avec une boîte de cigares.

Au milieu des années 1920, il joue dans les rues à Hearne, les samedis. En juin 1927, il est à Dallas où il rencontre sa femme, Angeline. Six mois plus tard, il enregistre une première session puis une seconde un an après (avec Alan Lomax). Il enregistre en tout 30 morceaux, dont plus de la moitié comportent des duos vocaux avec sa femme. Vers 1928, ils s’installent à Beaumont, Texas, où ils chantent dans les rues et à l’église baptiste. Blind Willie Johnson enregistre ses dernières sessions au tournant des années 1930 à La Nouvelle-Orléans et à Atlanta.

Souvent d’inspiration religieuse, de type spirituals, ses morceaux les plus remarquables sont joués au bottleneck (à l’aide d’un couteau de poche) grâce auquel il parvient à produire un son fluide et expressif resté inégalé, comme par exemple dans Jesus make up my dying bed, I know his blood can make me whole ou Nobody’s fault but mine.

Il est aussi l’auteur d’un morceau inclassable, Dark was the Night, Cold Was The Ground, repris par Ry Cooder, qui s’en est inspiré lorsqu’il a composé la musique du film « Paris, Texas » de Wim Wenders. On peut entendre cette chanson dans la série À la Maison Blanche et dans le film de Michael Mann: Public Enemies. Cette chanson fait partie des musiques embarquées dans les sondes du Programme Voyager et de son Voyager Golden Record.

Audio: Dark Was The Night — Cold Was The Ground

Il se produisait encore dans les années 1940 lorsqu’il meurt à la suite de l’incendie de son logement, un hôpital local ayant refusé de l’admettre en raison de sa cécité. Sa femme Angeline, dans ses entretiens avec Charters, situe cet évènement en 1949, mais son certificat de décès, découvert récemment, montre qu’il est survenu quatre ans plus tôt.

Blind Willie McTell

Dimanche 11 juillet 2010

Willie Samuel McTear, dit Blind Willie McTell, était un chanteur et guitariste de blues américain, né à Mc Duffie en Géorgie, probablement le 5 mai 1898, et mort à Almon, Géorgie, le 19 août 1959.

La chanson Blind Willie McTell composée en son hommage par Bob Dylan, est l’une des plus célèbres du chanteur.

Audio: Bob Dylan, Blind Willie McTell

Willie a appris la guitare avec sa mère au début de son adolescence. Dans le même temps, il a été scolarisé dans des écoles pour aveugles à New-York et en Géorgie, où il a appris l’écriture braille. Willie est devenu un musicien accompli, capable de lire et écrire la musique en braille.

McTell a réalisé son premier enregistrement en 1927 sur Victor Records à Atlanta. Avant la deuxième guerre mondiale, il a beaucoup enregistré, pour de nombreux labels et sous divers surnoms comme « Blind Willie », « Georgia Bill », « Hot Shot Willie », « Blind Sammie », « Barrel House Sammy » et « Pig ‘n’ Whistle ».

Il jouait notamment en fingerpicking sur une guitare douze cordes. Son stparticulier mêlait le son cru du Delta Blues et celui plus élaboré du EastCoast blues.

Audio: It`s Your Time To Worry

Blind Boy Fuller

Dimanche 11 juillet 2010

Fulton Allen dit Blind Boy Fuller, est né le 10 juillet 1907 à Wadesboro, Caroline du Nord et décédé le 13 février 1941 à Durham, dans ce même état.

Il a passé l’essentiel de sa courte vie à chanter à la sortie des entrepôts de tabac. Blind Boy Fuller a influencé tout un pan du Country Blues, celui du finger-picking et des mélodies virevoltantes caractéristiques du Piedmond Blues de la côte Est.

Il est le seul artiste de Blues traditionnel à connaître un immense succès commercial à la fin des années 30, alors que la crise économique a décimé les carrières des pionniers du genre et que les influences urbaines font déjà évoluer le Blues vers des expressions plus sophistiquées.

Bob Dylan, le Grateful Dead et les Rolling Stones lui rendront hommage à travers des titres de son répertoire.

Fuller trouve sa voie en perdant la vue. On est en 1928, et pour gagner de quoi nourrir son jeune couple, il descend dans la rue. Il y passera plusieurs années avant d’être remarqué, en 1935, par le recruteur local de RCA et envoyé en studio. Musicien au sens mélodique efficace, chanteur habile et guitariste accompli, son succès sera immédiat.

Dès lors ses Blues accrocheurs, puis ses duos avec Sonny Terry, vont régulièrement alimenter les juke-boxes de tous les Etats du Sud. De 1935 à 1940, avec plus de 130 titres à son actif, il conservera le même succès, sur disque comme dans les rues de Durham où il continue à assurer son gagne-pain quotidien jusqu’à ce qu’une infection l’emporte prématurément début 1941.

Sa vie aura été aussi brève et son influence aussi grande que celles du grand Robert Johnson dont il est une sorte d’alter ego pour la côte Est. Des versions plus romanesques de sa vie, mais sans crédit, le rapprochent parfois encore un peu plus de son illustre contemporain. Il y est d’abord aveuglé par une marâtre cruelle et finit empoisonné. Mais Blind Boy Fuller était un homme sans histoire, à peine connu dans sa propre région pendant que la moitié du pays s’arrachait ses disques.

Lorsqu’il meurt, sa réputation est telle que son jeune disciple Brownie McGhee lui consacre un Blues, « Death Of Blind Boy Fuller », et se produit un temps sous le nom de « Blind Boy Fuller II » avant de lui succéder au côté de Sonny Terry pour un duo qui deviendra le plus célèbre du Blues.

Audio: Got To Find My Little Woman

Sonny Terry

Dimanche 11 juillet 2010

Saunders Tedell plus connu sous le nom de Sonny Terry, est un chanteur et harmoniciste américain de blues, né le 24 octobre 1911 à Greensboro (Géorgie), et décédé le 11 mars 1986 à Mineloa (New York).

Son père, un fermier lui apprend très tôt à jouer de l’harmonica. Mais blessé aux yeux, il perd la vue à l’âge de 12 ans, ce qui peut-être lui évitera de continuer sa vie comme fermier. Il doit tenter de gagner sa vie avec sa musique.

Il commence à jouer à Shelby (Caroline du Nord). A la mort de son père, il rencontre Blind Boy Fuller et se met à jouer avec lui. Il enregistrera avec lui, jusqu’en 1937).

Audio: Blind Boy Fuller & Sonny Terry, Blowin’ The Blues

A la mort de Fuller en 1941, il entame une longue collaboration avec le guitariste Brownie McGhee. Leur duo sera apprécié par le public blanc et ils rejoindront le mouvement folk des années 1950-60. Il collaboreront avec Woodie Guthrie et Moses Asch pour les disques Folkways Records (aujourd’hui Smithsonian/Folkway).

En 1938, Sonny Terry a joué au Carnegie Hall pour le premier concert Spirituals To Swing. Plus tard il enregistrera également pour la Bibliothèque du Congrès.
Sonny Terry entre au Blues Hall of Fame, un an après sa mort, en 1987.

Sonny Terry a su chanter le blues et le jouer à l’harmonica en faisant de cet instrument un complément du chant. Son jeu est particulier, il a su allier rythmiques, soli et chant.

Audio: Beer Garden Blues

Sleepy John Esttes

Dimanche 11 juillet 2010

John Adam Estes dit, mieux connu sous le nom de Sleepy John Estes, est un chanteur, guitariste de blues américain, né le 25 janvier 1899 ou 1904 et décédé le 5 juin 1977.

Il voit le jour à Ripley dans le Tennessee. En 1915 son père qui était métayer et jouait un peu de guitare, déménage à Brownsville. Peu de temps après il est blessé à l’œil droit par une pierre : sa vue en sera pour toujours affectée. Adolescent, il travaille dans les champs, mais il commence à jouer dans les parties et les pique-niques dès 1919. Il est souvent accompagné de l’harmoniciste Hammie Nixon et du guitariste et mandoliniste Yank Rachell. Il continuera à jouer avec ces deux musiciens pendant plus de 50 ans.

Il enregistre ses premiers morceaux à Memphis en 1929 dans une session dirigée par Ralph Peer pour Victor Records. Il enregistrera par la suite pour Decca et Bluebird. Ses enregistrements ont lieu jusqu’en 1941. Il ne fera ensuite qu’une brève apparition dans les studios Sun en 1952 avant d’être redécouvert par Bob Koester et Samuel Charters en 1962. Il est alors devenu complétement aveugle et vit dans une extrême pauvreté. Il reprend une activité musicale à partir de cette date et participe notamment à la tournée de l’American Folk Blues Festival en 1964.

Modeste guitariste, Sleepy John Estes est un excellent chanteur, doté d’un style vocal de « pleureur » très particulier.

Il meurt le 5 juin 1977 à Brownsville.

Audio: Mailman Blues

Bo Carter

Dimanche 11 juillet 2010

Armenter Chatmon, dit Bo Caarter, est né sur une plantation près de Bolton, Mississippi, en 1893. Sa mère qui jouait de la guitare, et son père, qui avait appris le violon grâce à un planteur au temps de l’esclavage, ont été ses premiers professeurs. Tous les membres de la famille Chatmon furent des musiciens, ainsi Bo, avec ses frères Lonnie et Sam, fondèrent un trio à cordes connu sous le nom de Mississippi Sheiks, qui fut célèbre dans tout l’état.

En tant que artiste solo, Bo Carter a également connu un succès considérable en enregistran des chansons truffées de paroles grivoises et de métaphores osées. En raison de son style, il a été parfois négligé par les spécialistes du blues qui n’ont pas considéré sa musique comme «sérieuse». Néanmoins, il a enregistré un grand nombre de morceaux de blues, surtout sur la fin de sa carrière. C’est lui qui le premier a enregistré la chanson «Corrine Corrina » en 1928.

Peu de temps après, Bo Carter devient aveugle et s’installe à Memphis au milieu des années 30 et chante dans les rues pour survivre. Il est décédé à Memphis en 1964, à l’âge de 71 ans.

Audio: Pigmeat is what I crave

Blind Joe Reynolds

Dimanche 11 juillet 2010

Blind Joe Reynolds est censé être né à Tallulah, Louisiane en 1904, bien que son certificat de décès déclare que sa ville natale est Arkansas en 1900. Il a été aveuglé par un coup de fusil à la fin des années 20, qui a abouti à la perte de ses deux yeux.

Malgré ce handicap, Blind Joe était connu pour son caractère bien trempé. On dit de lui qu’il était capable de viser une cible au pistolet grâce au seul son.

Reynolds avait une solide renommée de coureur de jupons ainsi qu’il en ressort d’un certain nombre de ses enregistrements. Il était aussi connu pour son franc-parler en utilisant ses chansons pour s’en prendre à la société.

Tout au long de sa carrière, Reynolds a parcouru le pays pour échapper à la police, puisqu’il avait déjà purgé deux peines de prison dans sa jeunesse.

Après des années de voyages et les représentations au coin des rue, Reynolds est finalement découvert en 1929 par musicale talent scout HC Speir et est connu pour avoir enregistré huit chansons.

En novembre 1930, Reynolds entre en studio à Memphis, Tennessee. Là, il enregistre les chansons « Goose Hill Woman Blues », « Married Man Blues », « Short Dress Blues » et « Third Street Woman Blues » que nous allons entendre, sous le nom de « Blind Willie Reynolds » pour Victor Records .

La chanson « Outside Woman Blues » a plus tard trouvé la gloire lorsqu’elle a été enregistrée par le groupe Cream en 1967 avec le guitariste Eric Clapton.

Les enregistrements « Ninety Nine Blues » / « Cold Woman Blues » sur 78 tours pour la Paramount ont été considérés comme définitivement perdus jusqu’en 2000 quand une copie, qui avait été achetée en 1976 à un marché aux puces pour un dollar, a refait surface. Cet exemplaire unique éa té vendu à un particulier pour 5.500 $.

En Mars 1968, Reynolds a été admis dans un hôpital de Monroe , en Louisiane après un accident vasculaire cérébral , où il mourut le 10 mars d’une pneumonie.

Audio: Third Street Woman Blues

Arthur Blind Blake

Lundi 12 juillet 2010

Arthur Blind Blake, né vers 1893 à Jacksonville en Floride et mort vers 1933, est un chanteur et guitariste de ragtime et de blues très influent. Il est souvent appelé « The King Of Ragtime Guitar ».

La vie de Blind Blake est très mal connue. Son lieu de naissance, Jacksonville, indiqué par Paramount Records reste un sujet de dispute. Même son nom pouvait porter à confusions. Les noms figurants sur les droits d’auteurs de ses chansons sont des variantes de Blind Arthur Blake bien que certaines personnes pensent qu’il soit né Arthur Phelps ce que Blake dément. Il s’installa à Atlanta au début des années 20, et commença à faire découvrir son style ragtime dans la région. Il s’affirme plus comme étant un joueur de ragtime, qu’un bluesman.

En 1926, il déménage pour Chicago et est découvert par la maison de disques « Paramount Records » alors à la recherche d’un nouveau gros vendeur, après avoir fait signé entre autres musiciens Blind Lemon Jefferson. Il effectue alors ses premiers enregistrements qui se vendent en grande quantité. Son premier disque solo est Early Morning Blues avec West Coast Blues sur la face B, le morceau que nous allons vous faire entendre. Ces deux titres sont de très bons exemples de son style; le premier est plus proche du blues, le second du ragtime.

Il continue d’enregistrer durant l’année 1927, produisant sans doute ses meilleures compositions, avec toujours ce style syncopé typique du ragtime. Sa réputation est faite. Il retourne dans le studio de Paramounts Records l’année suivante, en jouant cette fois-ci avec de plus en plus de musiciens pour accompagner sa guitare. Il se révèle être un acteur majeur de la scène musicale de Chicago.

Blind Blake est envoyé à Richmond en Juin 1929, pour enregistrer une nouvelle session, avec Alex Robinson au piano. Les morceaux sont parfaits, la guitare s’accordant totalement avec le piano. De retour à Chicago, il publie en Septembre un disque qui restera dans les annales du ragtime et du blues, Guitar Chimes avec Blind Arthur’s Breakdown pour la face B.
Ensuite de quoi il part pour Grafton dans le Wisconsin (ou siège sa maison de disques) où il joue avec Papa Charlie Jackson, une vedette du blues. Il y enregistre sa dernière chanson en 1932 qui achève malheureusement sa carrière en raison de la faillite de Paramount.

Il meurt sans doute peu de temps après car à la fin de sa vie, Blind Blake buvait beaucoup de whisky et il est possible que cela ait conduit à sa mort qui comme le reste de sa vie reste mal connue.

Audio: WestCoastBlues