Du Café de l'Ouest à Ouagadougou

Croisière pour l'alphabétisation des enfants aveugles du Burkina Faso

Image d'accueil: Ecole Braille Jean-Marc Meyrat à Boulsa au Burkina Faso

Catégorie: Jazz

Art Tatum

Samedi 17 juillet 2010

Arthur Jr Tatum naît le 13 octobre 1909 à Toledo (Ohio), dans une famille musicienne. Il étudie d’abord le violon et la guitare, puis le piano.

Presqu’aveugle, Art Tatum utilise le braille et reproduit la musique qu’il entend sur disques.

Il commence ses débuts professionnels en 1926. Sa musique est influencée par celle de Fats Waller. Il est engagé par Speed Webb en 1928, puis, de 1929 à 1930, va jouer dans son propre radio-show.

Ses premiers enregistrements datent de mars 1933, dans lesquels Art Tatum révèle un style de piano complètement différent et beaucoup plus complexe que le style de l’époque. Puis, de 1934 à 1941, il enregistre de nombreux disques pour Decca. Il fait quelques disques avec Joe Turner et il joue dans des clubs à Chicago et à Cleveland. Art Tatum devient à cette époque une figure majeure du jazz.

Art Tatum forme avec le guitariste Tiny Grimes et le bassiste Slam Stewart un trio de jazz extrêmement populaire.

Art Tatum grave une série de solos pour le label Capitol en 1949. Ce fut sûrement la période la plus aboutie de son art. Art Tatum enregistre de nombreux disques pour Norman Granz, de 1954 à 1956, en solo; mais aussi avec Lionel Hampton, Buddy Rich, Benny Carter, Ben Webster, dont les enregistrements avec Art Tatum furent une grande réussite.

Il est considéré comme un des pianistes les plus importants du jazz. Il inspirait beaucoup de respect, notamment à Fats Waller, Vladimir Horowitz et à Serge Rachmaninov, et il reste une référence de nos jours.
Il était largement reconnu pour sa virtuosité et ses improvisations créatrices. La légende veut qu’un jour, quand il entra dans un club où Fats Waller donnait un concert, ce dernier déclara : « C’est moi qui joue ce soir, mais Dieu est avec nous dans la salle. »

Art Tatum meurt d’une crise d’urémie, le 5 novembre 1956.

Audio: Makin’ Whoopee

Rahsan Roland Kirk

Lundi 6 septembre 2010

Rahsaan Roland Kirk est né à Columbus, Ohio, le 7 août 1935 et meurt à Bloomington, Indiana, USA, le 5 décembre 1977.

C’est un instrumentiste de jazz américain. Il pratiquait les saxophones: principalement le ténor mais aussi deux « saxophones » atypiques le stritch et le manzello. Il utilisait régulièrement les trois instruments simultanément. Il pratiquait, par ailleurs, plusieurs autres instruments à vent: la flûte traversière, la flûte à bec et la clarinette.

Né Ronald Theodore Kirk, il change son nom en Roland Kirk en 1952. En 1969, il entend en rêve Dieu l’appeler « Rahsaan » : il adopte alors définitivement le nom de Rahsaan Roland Kirk. « Rahsaan » Nom qui signifiera désormais pour lui « la musique du soleil », « le voyageur » ou encore « Black Vibrations ».

Déficient visuel depuis sa naissance, il devient aveugle à 2 ans. À 5 ans il est scolarisé au lycée pour aveugles de l’Ohio (Ohio State College for The Blind), où il reste jusqu’en 1953.

Dès 12 ans, il joue du saxophone et de la clarinette dans l’orchestre de l’école. Il y apprendra le bugle, la trompette, la clarinette.

Rêvant depuis longtemps de jouer de trois saxophones en même temps, Roland travaille sa technique très personnelle de respiration circulaire, qu’il appellera « respiration sphérique » et « Triple Threat ». Schématiquement, il s’agit d’inspirer par le nez tout en soufflant par la bouche dans l’instrument.

Après quelques essais plus ou moins réussis, il se fait connaître en 1961, en partie grâce à sa participation à deux albums de Charles Mingus : Oh Yeah et Tonight at Noon. C’est à la même époque qu’il commence la flûte, qu’il pratiquera bientôt en virtuose. Non seulement il chante tout en jouant de la flûte, en utilisant la voix de tête, mais il introduit également divers intervalles.

Au cours des années, Roland Kirk multiplie les instruments et les styles. Il devient rapidement inclassable. Sa puissance et sa générosité, comme en témoigne l’enregistrement au Festival de Montreux en 1972 de l’album live I,Eye,Aye, ne peuvent laisser indifférent.

Roland Kirk est venu jouer plusieurs fois à Paris. Le premier passage de Kirk à Paris a eu lieu le 7 novembre 1963, au Théatre de Paris, rue Blanche. Il est accompagne de Guy Pedersen, contrebasse, George Grunz, piano; Daniel Humair, batterie. Un article de Philippe Benzo, dans Jazz Hot, nous indique que le public est particulièrement réceptif. A la suite du concert cinq titres sont enregistrés pour une émission de télévision intitulée « Jazz pour Tous » (Moon song, Lover, Yesterdays, Three for the festival et Milestones de Miles Davis). Il revient le 2 octobre 1964, à l’occasion du Festival de Jazz; il joue Salle Pleyel accompagné de Tete Montoliu, un pianiste aveugle lui aussi, Tommy Potter et Kenny Clarke. Le groupe passe entre Sister Rosseta Tharpe et le Dave Brubeck quintet. En janvier 1967, Kirk est revenu à Paris. Des concerts sont prévus le 2 au Jazzland, le 3 au Chat Qui Pêche, le 4 au Caméléon. Le 22 février 1970, il vient jouer au Studio 104 de la Maison de l’ORTF. Le concert a été enregistré et publié par l’INA.(Roland Kirk, « live in Paris, 1970″, 2 volumes, Esoldun-INA, FCD 109 et 115). Alain Gerber donnera un compte rendu très négatif de ce concert, titré « La fin d’un vertige », dans Jazz Magazine (J.M. 04/70). Visiblement Alain Gerber n’aimait pas Kirk mais cela n’empêchera pas le musicien de revenir à Paris, ni ce premier d’en faire bien des éloges post mortem en invitant la flutiste D Bouzon à son hebdomadaire « Black and Blue » pour lui rendre de vibrants hommages, trente cinq ans plus loin. Le 8 Mars 1972, Kirk a joué au Grand Palais, un enregistrement d’une heure trente a été réalisé. En novembre 1973, il est passé au « Chat qui Pêche » accompagné au Piano par Siegfried Kessler, Didier Levallet à la contrebasse et Charlie Antolini à la batterie. Le 13 novembre 1973, il a joué au Palais des sports. Le 14 novembre 1976, il a joué au Studio 104 de la Maison de l’ORTF, la séance a été diffusée sur les ondes de France Musique.

Il meurt en 1977 victime d’une seconde attaque cérébrale.

Audio: 3-In-1 Without The Oil

Sir George Shearing

Lundi 6 septembre 2010

Sir George Shearing, né le 13 août 1919, est un pianiste de jazz anglo-américain, qui depuis de nombreuses années a dirigé un groupe de jazz populaire qui a enregistré pour la MGM Records et Capitol Records.

Il compose plus de 300 titres durant les années 1950, 60, 80, et 90.

Il est connu pour une technique connue sous le nom piano Shearing, un type de mélodie avec une note qu’il double une octave plus bas.

Son intérêt pour la musique classique lui donnera l’occasion de présenter des arrangements influencés par Debussy, Erik Satie et d’autres musiciens du répertoire classique.

Audio: Tenderly

Marcus Roberts

Mercredi 8 septembre 2010

Marcus Roberts. né le 7 août 1963 à Jacksonville, en Floride, est un pianiste de jazz américain qui a atteint la célébrité comme musicien qui s’engage à défendre les traditions du jazz classique, tout en y ajoutant une touche très personnelle.

Marcus Roberts se distingue par ses solos s’appuyant sur une solide ligne de basse. Ainsi, il créée un style particulier du jazz.

Marcus Roberts est également un interprète de Thelonious Monk en apportant desw dissonances très créatives pour les compositions de Monk.

Aveugle depuis sa jeunesse, il a fait sa scolarité à l’école pour les sourds et les aveugles de Floride.

Marcus Roberts a commencé à jouer du piano à un âge précoce et a ensuite étudié l’instrument avec le pianiste de renommée mondiale Leonidas Lipovetsky. Alors qu’il était étudiant à l’université de l’état de Floride, il fait la connaissance En 1985, du célèbre trompettiste Wynton Marsalis dont il devient un ami proche. Il participera avec ce dernier à de nombreux projets.

Audio: Our Love Is Here To Stay

Jean-Yves Poupin

Samedi 18 septembre 2010

Jean-Yves Poupin

C’est dans la campagne vendéenne que Jean-Yves Poupin voit le jour en 1947, mais cela n’a pas duré bien longtemps puisqu’il perd la vue progressivement entre 5 et 7 ans.

« J’ai continué d’aller à l’école du village encore quelques temps, avec très peu de vision. D’ailleurs, c’était très dure par ce que les professeurs que j’avais, si proche de Dieu fussent-ils, n’ont pas pigé que si j’avais l’air d’être un cancre, c’était parce que j’avais du mal à voir le tableau. Ensuite, je suis aller à Nantes, dans un établissement pour handicapés de la vue également tenu par des religieux, où j’ai suivi une scolarité normale. Et tu sais, à l’époque, on faisait de la musique et si vraiment on avait du mal, on faisait du rempaillage de chaises. Et comme je n’étais pas trop nul, j’ai fait de la musique sans être au départ vraiment passionné. Je n’avais pas vraiment un bon niveau mais je bossais. Ensuite, j’ai fait une pause dans la musique pour passer mon baccalauréat. Puis, je suis monté à Paris en pleine tourmente de mai 68, pour préparer un certificat d’aptitude à l’éducation musicale. Là, je me suis aperçu que j’étais trop timide pour faire de l’enseignement. Cela m’a pris un certain temps pour trouver ma voie. C’est durant cette période de doute que j’ai découvert le jazz, mais je n’avais pas un bagage jazzistique suffisant. C’est à ce moment-là que j’ai découvert la Suisse en compagnie de potes qui jouaient par ci par là. Au début j’ai fait les bals, puis du piano-bar dans des endroit chics, mais cela ne me convenait pas. Parallèlement, je continuais à étudier le jazz, mais c’est à l’âge de trente ans que de manière complètement autodidacte, j’ai vraiment travaillé cette musique ».

Est-ce que tu vis de ta musique ?

« Oui, je vis à 100 % de la musique, si ce n’est que je ne vis pas toujours à 100 % de la musique que j’aime. Il faut bien faire des concessions comme faire de l’accompagnement ce qui est loin d’être salissant pour autant que je sois respecté.

N’est-ce pas un avantage d’être aveugle pour pratiquer la musique ?

« En gros oui, parce que par snobisme, certains organisateurs de concert trouvent que cela fait bien d’avoir un musicien aveugle, comparaison avec d’illustres ancêtres oblige. Pourtant, ce n’est pas parce que l’on est aveugle que l’on joue mieux ! Parfois non, car les préjugés demeurent. Ce n’est pas parce qu’il y a moins de misérabilisme que l’on est mieux intégré. D’un point de vue strictement pianistique, c’est effectivement un avantage. En effet, ne pouvant pas jouer et lire une partition braille en même temps, j’ai tellement dû développer mon oreille que je peux bien m’adapter aux désirs de celle ou de celui que j’accompagne. Par contre, l’absence de partition t’empêchera de jouer dans certains groupes où il y a beaucoup à lire et sera une entrave pour la composition: à quand le logiciel miracle ?

Quels rapports entretiens-tu avec ton handicap ?

« Chacun a son histoire, pour ma part, j’ai perdu la vue tellement progressivement que je ne me suis pas rendu compte que je ne voyais plus. J’étais sûr de voir encore un petit peu. C’est mon entourage qui m’a « ouvert les yeux » sur ma cécité. A partir de là, j’ai accepté complètement mon handicap sauf quand je lâche un truc et que je ne le retrouve pas tout de suite, ce qui me met dans une colère noire ».

Tu m’as dis que tu étais marié. Est-ce difficile d’être aveugle et père ?

« Il faut bien reconnaître que techniquement, c’est la mère qui fait le plus. Par contre psychologiquement, il y a 2 ou 3 paliers, le temps que l’enfant réalise que son père est différent, mais cela va assez vite. Il y a bien sûr certaines frustrations à cause des activités que je ne pouvais pas faire avec lui. Bien qu’il soit assez pudique sur le sujet, il me semble qu’il a une certaine admiration pour moi, ce qui ne l’empêche pas de m’envoyer « sur les roses » comme il le ferait avec un père normal.

Comment est-ce tu te situes par rapport au monde des handicapés de la vue ?

« A part quelques activités comme le tandem par exemple, j’ai toujours essayé de vivre en dehors. Sans du tout diminuer le rôle des associations ni me montrer différent ou supérieur, j’essaie de ne pas trop m’identifier comme handicapé. Mon premier cercle d’amis, ce sont les musiciens, qu’ils soient handicapés ou non. En fait, je suis un peu sauvage et pour plagier Brassens je dirais que je suis un vieil anar qui traverse dans les clous pour ne pas avoir à faire aux flics ».

A quoi rêve Jean-Yves ?

« Je suis citadin. Je rêve que, sans me couper du monde, je puisse retrouver l’équilibre que la terre vendéenne me procurait dans mon enfance ».

www.jazzyvespoupin.com

Jean-Marc Meyrat

Cet article est paru dans l’édition de mars 2006 de Clin d’oeil, l’organe officiel de la Fédération suisse des aveugles et malvoyants.

Audio: Epicycle Blues

Ray Charles

Dimanche 19 septembre 2010

Ray Charles Robinson est né le 23 septembre 1930 dans une famille très pauvre d’Albany en Géorgie et a été élevé par sa mère Aretha Williams à Greenville en Floride.

Il fait une petite approche du piano avec Wylie Pitman (piano stride), un homme qui jouait dans le bar de son village. Son enfance est marquée par des traumatismes physiques et psychologiques: après avoir assisté impuissant à la noyade de son jeune frère de trois ans, il contracte un glaucome à l’âge de quatre ans. À sept ans, sa cécité est complète et il est placé dans un établissement spécialisé.

C’est dans cette école que, neuf années durant, il apprend la composition, ainsi que la pratique de plusieurs instruments, dont le piano, instrument qu’il ne put étudier immédiatement car, au moment de sa venue, les effectifs de l’école étaient complets, la clarinette ou le saxophone alto. Bien que l’enseignement musical qu’il y reçoit soit essentiellement classique, ses préférences vont dès cette époque aux musiques de son enfance: le gospel, le blues , le jazz et la country.

Âgé de quinze ans, il perd sa mère et décide de quitter l’institution. Il se fait héberger par une amie de sa mère à Jacksonville, où il commence à travailler comme musicien. Il tente ensuite sa chance à Chicago, à Orlando, puis à Tampa, où il gagne à grand-peine de quoi survivre en jouant du piano dans des orchestres de danse.

Ce n’est qu’en 1947 qu’il enregistre pour la première fois sous son nom. A seulement 16 ans, après avoir traversé tout le pays pour s’installer à Seattle, il commence à se produire dans les clubs (comme le Rocking Chair) comme chanteur, accompagné de sa propre formation. C’est là qu’il rencontre Quincy Jones, avec qui il se lie d’amitié. Il signe un contrat chez Swing Time Records après avoir rencontré Jack Lauderdale et après plusieurs disques avec des succès modestes, Rocking Chair Blues ou The Ego Song, il enregistre Baby, Let Me Hold Your Hand, qui se place dans les premières places des R&B charts en 1951. Il commence alors à forger sa personnalité musicale, s’éloignant peu à peu de ses premières influences, Nat King Cole et Charles Brown. Il fait une approche de son propre style avec Hey Now ou Kiss Me Baby.

Aidé par Atlantic Records, sa maison de disques, qui lui laisse toute liberté de création, Ray Charles va connaître une décennie de succès. Le premier succès qu’il enregistre est The Sun Gonna Shine Again, produit par Ahmet Ertegün (qui par ailleurs a écrit une chanson connue de Ray Charles Mess Around), son producteur et fondateur d’Atlantic Records. Il compose son premier grand succès I Got a Woman. Viennent ensuite Hallelujah I Love Her So, Drown in My Own Tears, This Little Girl of Mine, The Right Time très bien placés dans les R&B charts. Il faut attendre la sortie de What’d I Say en 1959, premier hit dans les pop charts et Genius Of Ray Charles, pour que sa notoriété s’élargisse dans de notables proportions.

Fermement décidé à continuer sa percée en direction du public pop, le chanteur quitte la maison Atlantic pour ABC Paramount en 1959, plus à même de lui offrir une passerelle vers le public blanc. Ce « crossover » fait qu’il sera le premier artiste noir de l’histoire à être écouté par un public blanc (et de même pour les succès qui vont avec):
• Georgia on My Mind, Hit the Road Jack (1960)
• One Mint Julep, Moanin, I’m Gonna Move to The Ouskirts Of Town (1961)
• Unchain my Heart, Bye, bye Love, I Can’t Stop Loving You, You are my sunshine (1962)
• Born To Be Blue, Busted, In The Evening, Over The Rainbow, That Lucky Old Sun (1963)
• Smack Dab In The Middle (1964)
• I Don’t Need No Doctor, Let’s Go Get Stoned, I Chose To Sing The Blues (1966)
• Here We Go Again, In The Heat Of The Night (1967)
• Am I Blue, The Sun Died (1968)
• Don’t Change Me (1970)
• If you Were Mine (1971)
• America The Beautiful (1972)

Audio: Hit The Road Jack

Néanmoins, Charles devra quand même attendre 1962 et la sortie de son chef d’œuvre, Modern Sounds in Country and Western Music, pour être écouté par ce public et donc réaliser son rêve. Avec I Can’t Stop Loving You cotoyant Hey, Good Lookin, c’est l’éclectisme de l’artiste qui triomphe.

Audio: I Can’t Stop Loving You

Les affaires marchent alors tellement bien pour Ray Charles que, en 1963, associé à son manager Joe Adams, il monte sa propre société de production « Ray Charles Enterprises ». Il joue aussi dans le film Ballad In Blue de 1964. C’est aussi malheureusement une période où il doit faire face à de sérieux problèmes de dépendance à l’héroïne, en 1965. Malgré un petit passage à vide, Ray Charles revient en force en 1966, avec Let’s Go Get Stoned. Après quelques chansons aux résultats encore honorables (dont ses reprises de Yesterday et Eleanor Rigby des Beatles), il disparaît peu à peu des charts.

Audio: Eleanor Rigby

A la fin des années 1970 et au cours des années 1980, il fait quelques apparitions sporadiques, à l’occasion d’évènements tels que le film The Blues Brothers ou la chanson We Are the World au bénéfice de USA for Africa. Malgré de nombreux changements de maisons de disque, il n’obtient plus que de modestes succès. Seule exception, son duo avec Chaka Khan en 1989, I’ll Be Good to You, qui le réconcilie brièvement avec les pop charts.

Ray Charles continue inlassablement de tourner dans le monde entier à guichet fermé auprès de son public d’admirateurs jusqu’à un âge avancé malgré une désaffection du grand public.

Il est récompensé de douze Grammy Awards, parmi les très nombreuses récompenses et distinctions qu’il reçoit au cours de sa carrière. Il est un des premiers à entrer au Rock’n'Roll Hall of Fame en 1986. Il reçoit la médaille de Chevalier des Arts et Lettres cette même année et la chanson Georgia on My Mind est consacrée hymne officiel de l’État de Géorgie en 1979. Dans les années 1990, Ray Charles recommence à faire parler de lui, notamment pour la publicité pour Pepsi-Cola : You Get The right One Baby et quitte définitivement les petits piano bars pour revenir à la grande scène notamment avec l’album Genius Loves Company, de 2004, composé de duos (en autre avec Norah Jones, Elton John, B. B. King, Johnny Mathis et Natalie Cole).

Il meurt à 73 ans d’une maladie du foie, le 10 juin 2004, 5 jours après le décès de Ronald Reagan, dans sa maison de Beverly Hills, accompagné de sa famille. Il donnera 1 million de dollars à chacun de ses enfants, et repose au cimetière d’Inglewood en Californie.

Audio: In The Heat Of The Night

Tete Montoliu

Lundi 11 octobre 2010

Le pianiste aveugle Tete Montoliu naît à Barcelone le 28 mars 1933 et meurt dans cette même ville, le 24 août 1997. Il est le fils unique de Vincenç Montoliu, un musicien professionnel, et de Angela Massana, une fan de jazz qui encourage son fils à étudier le piano.

La première expérience pianistique de Montoliu se fait sous la tutelle de Enric Mas dans une école pour enfants aveugles, qu’il fréquente de 1939 à 1944.

De 1946 à 1953, il étudie au conservatoire supérieur de musique de Barcelone où il rencontre des musiciens de jazz et se familiarise avec l’improvisation.

Durant les premières étapes de sa carrière, il est fortement inspiré par le style d’Art Tatum. Il développe alors un jeu empreint de profondeur et de sensibilité. Il commence à jouer professionnellement dans les bars de Barcelone. Il y est remarqué en mars 1956 par Lionel Hampton de passage en Espagne. Montoliu le suis en tournée en Espagne et en France et enregistre avec lui Jazz Flamenco, début d’une prolifique carrière internationale.

Audio: Au Privave

Dans les années 1960, il joue à New York et collabore avec Elvin Jones. A partir de 1970 il tourne essentiellement en Europe. Son style tend à se rapprocher du hard bop. Il donne ensuite des concerts et enregistre avec Gillespie, Hank Jones ou Chick Corea.

Audio: Doxy

Alexander Wyssmann

Dimanche 28 novembre 2010

« Pictures », le nouvel album du Twilight Trio d’Alexander Wyssmann, est jazzy, fluide et tout simplement génial.

Pour son dernier album, « Pictures », le pianiste aveugle Alexander Wyssmann a retenu dix images de sa vie qui décrivent de manière expressive ses sources d’inspiration, ses émotions et son bonheur de faire de la musique. Avec la complicité du bassiste Samuel Kühni et du batteur Roberto Titocci, Wyssmann met les images en mouvement et décrit des moments importants de sa vie. Pour un instant, chaque image s’anime d’elle-même et raconte une histoire tout à elle. Une joie, un bonheur de vivre perceptible parcourent l’album comme un fil rouge, même si quelques images paraissent submergées d’impressions ou empreintes de tristesse, de mélancolie.

« Pictures » est un album équilibré que l’on prend plaisir à entendre et réentendre. Il convient comme fond musical mais se prête aussi à une écoute attentive, on peut essayer de percer à jour les moments décrits – bref, il y a de multiples manières d’écouter. Comment décrire le travail des trois musiciens? Jazzy, fluide et tout simplement génial? La musicalité typée, un concentré de créativité et quelques belles excursions expérimentales sont de nature à séduire tout mélomane. L’album vibre vraiment de créativité artistique. On sent clairement que les deux autres compères musiciens se sont appropriés les morceaux composés et arrangés par Alexander Wyssmann. En public, le trio doit constituer un grand moment! En tout cas, le CD est à recommander. Chaudement.

Moi-même aveugle, j’éprouve un profond respect et une immense estime pour Alexander Wyssmann. Sa trajectoire illustre avec éloquence ce qu’il est possible de réaliser même quand on est privé de la vue. Puissent ses images musicales encore et toujours l’enchanter, lui, ses musiciens et son public!

Michael Vogt

Audio: Extrait

Alexander Wyssmann Twilight Trio: Pictures. Chez TCB Music (TCB 300202). Vendu dans le commerce au prix d’environ 30 francs ou sur le site www.alexander-wyssmann.ch.

Cet article a paru dans l’édition de juillet 2010 de Clin d’oeil, l’organe officiel de la Fédération suisse des aveugles et malvoyants.

Moncef Genoud

Dimanche 28 novembre 2010

Né à Tunis en 1961, Moncef est aveugle de naissance. Envoyé en Suisse à l’âge de 2 ans pour soigner ses yeux par Terre des hommes, il y trouve sa famille adoptive genevoise, la famille Genoud. Encouragé par son père Michel, lui-même grand amateur de jazz, il prend des cours de piano dès l’âge de 6 ans et cultive une mémoire auditive exceptionnelle, repiquant des standards de jazz en apprenant tout d’oreille. Il doit également à son père décédé en 2009, ses qualités de skieur.

En 1987, il obtient son diplôme de professeur de musique du Conservatoire de Genève. Musicien professionnel depuis 1983, il rejoint vite le rang des meilleurs artistes de jazz de Suisse et d’Europe. Sa carrière l’amène à jouer avec Bob Berg, Jack De Johnette, Larry Grenadier, Bill Stewart, John Stubblefield, Robin Kenyatta, Youssou N’Dour, Kenny Davis, Dave Douglas et Sangoma Everett, pour ne citer qu’eux.

Il demeure aujourd’hui dans le canton du Valais en Suisse.

Audio: Cocotte’s Waltz (With Bob Berg)

Diane Schur

Lundi 31 janvier 2011

Née à Tacoma, état de Washington, en décembre 1953, Diane Schur est aveugle de naissance. Cette chanteuse et pianiste est aussi éclectique que brillante.

Disciple de Dinah Washington et d’autres chanteurs de jazz légendaires des années 40 et 50, Diane Schur a façonné sa carrière en embrassant non seulement le jazz de la génération de ses parents, mais aussi la musique pop de sa jeunesse durant les années 50 et 60. Elle a reçu deux Grammy Awards et a été nominée à trois reprises.

Diane Schur a grandi près de Auburn, dans ce même état, où son père était capitaine de police. Elle a découvert le jazz grâce à son pianiste de père et la formidable collection de disques de Duke Ellington et de Dinah Washington de sa mère.

Elle a dix ans lorsqu’elle donne son premier concert. Elle a appris le piano à l’Ecole pour les enfants aveugles de l’état de Washington.

Diane Schur enregistre son premier album en 1971.

Audio: Taking A Chance of Love