Du Café de l'Ouest à Ouagadougou

Croisière pour l'alphabétisation des enfants aveugles du Burkina Faso

Image d'accueil: Ecole Braille Jean-Marc Meyrat à Boulsa au Burkina Faso

Catégorie: World-music

Amadou et Mariam

Vendredi 17 septembre 2010

Amadou et Mariam, de leurs noms complets Amadou Bagayoko et Mariam Doumbia, sont un couple de musiciens et chanteurs maliens, qui présentent la particularité d’être tous deux aveugles.

Ils se font connaître au début des années 2000 où ils acquièrent une notoriété et une sympathie auprès du public français, couronnées en 2005 par une Victoire de la musique catégorie World, pour l’album Dimanche à Bamako, réalisé avec le concours de Manu Chao, qui se dit fan du duo.

Tous deux sont nés à Bamako, Amadou le 24 octobre 1954, Mariam le 15 avril 1958.

Leur cécité n’est pas de naissance : Amadou a perdu la vue à l’âge de seize ans, tandis que sa compagne est devenue aveugle à l’âge de cinq ans.

Leur penchant pour la musique et le chant leur est venu dès leur plus jeune âge. Mariam se produit sur scène comme chanteuse, dans des mariages par exemple, dès l’âge de six ans, tandis qu’Amadou, après avoir tâté des percussions dès l’âge de deux ans, puis s’être tourné vers l’harmonica et la flûte vers l’âge de dix ans, adoptait définitivement la guitare au cours de son adolescence.

S’étant rencontrés en 1975 à l’Institut des jeunes aveugles de Bamako, ils ne tardent pas à former un couple à la scène comme dans la vie, se mariant en 1980 et commençant leur carrière musicale commune à la même époque.

Ils émigrent à Abidjan, en Côte d’Ivoire, en 1986, année du début de leur longue ascension vers la notoriété internationale. Entre de nombreuses tournées dans divers pays d’Afrique de l’Ouest, ils séjournent à Paris pour la première fois en 1994 à l’occasion d’une session d’enregistrements. Ils reviennent en France en 1997, enregistrant un CD, Sou ni tilé qui sortira en 1998, se produisant sur scène aux Transmusicales de Rennes, et commençant à acquérir un succès d’estime en France.

D’autres tournées les conduisent dans d’autres pays d’Europe, notamment en Allemagne et en Suisse, mais aussi aux États-Unis, par exemple en Louisiane et à Los Angeles.

La collaboration avec le guitariste Manu Chao commence en septembre 2003 à Paris, pour se poursuivre jusqu’à la finalisation des enregistrements et de la production, en avril 2004, dans leur ville natale de Bamako. L’album résultant de cette collaboration sort en septembre 2004 sous le titre Dimanche à Bamako.

Ils pratiquent un mélange dansant entre rock et musique malienne avec des paroles en français, écrites au préalable en bambara, abordant les problèmes de l’époque et de l’Afrique, mais avec aussi un côté plus festif.

En 2005, ils ont été choisis pour interpréter le titre Zeit, dass sich was dreht, hymne officiel de la Coupe du Monde 2006, en compagnie du chanteur allemand Herbert Grönemeyer.

Leur sixième album Welcome to Mali est sorti le 17 novembre 2008. Le premier single Sabali extrait de cet album est produit par Damon Albarn. Il a été élu 15eme du top 100 des meilleurs titres de l’année 2008 par Pitchfork !

En 2009, ils ont assuré la première partie de de Blur à Hyde Park ainsi que la tournée du groupe Coldplay durant leur Viva la Vida Tour. En mai 2010, ils ont été choisi par Matt Groening pour participer au Fetival All tomorrow’s Party à Minehead, en Angleterre.

En 2010, leur autobiographie « Away from the light of the day » a été publiée par route publishing.

Amadou et Mariam ont également participé au concert d’inauguration de la coupe du monde en Afrique du Sud le 10 Juin 2010 aux côtés d’artistes comme les Black Eyed Peas, Alicia Keys, John Legend, Tinariwen ou encore Shakira, face à des centaines de millions de téléspectateurs à travers le monde.

Audio: Ce n’est pas bon

Reinette l’Oranaise

Samedi 18 septembre 2010

Reinette l’Oranaise, née en 1915, est la Dame de la musique classique algérienne.

Reinette Sultana Daoud est née à Tiaret. Son père est un rabbin d’origine marocaine et dans sa famille, qui a reçu la citoyenneté française accordée aux Juifs algériens par le décret Crémieux (1870), on parle arabe depuis des lustres.

A l’âge de deux ans, une variole mal guérie la laisse aveugle. A l’école des aveugles d’Alger, elle apprend le braille et le cannage des chaises, mais sa mère n’a pas toléré qu’elle continue à faire ce travail qui lui abîmait les doigts: elle a voulu pour elle plus de gaîté et a demandé à Saoud l’Oranais de l’initier à la musique arabo- andalouse.

Du haut de ses treize ans, Reinette passe donc sa première audition. L’essai est concluant puisque le maître décrète « qu’on pourra en faire quelque chose et la prend en pension chez lui . Il en sort quelque temps plus tard un 78 tours, que plus tard Reinette ose à peine écouter « à cause des fautes de diction.

Intégrée très vite à l’orchestre du maestro, elle en profite pour mémoriser les musiques et les paroles de centaines de chants. C’est aussi dans le Darb, vieux quartier juif d’Oran, qu’elle se familiarise avec les instruments de musique. Après la darbouka, elle s’initie à la mandoline puis au oud (luth arabe) qu’elle affectionne particulièrement.

En 1938, le maître Saoud Médioni émigre en France pour monter un café musical à Paris. Reinette, qui l’adorait sans le lui avoir jamais montré le rejoint dare-dare, mais elle est gentiment éconduite avec ces belles paroles. Mademoiselle, vous avez plus besoin de moi .

Ce seront les derniers mots qu’elle entendra du maître vénéré qui mourra peu de temps après en déportation. Dans les années 40, Reinette quitte son Oranie natale pour Alger où à l’âge de 26 ans elle débute une carrière passionnante. Elle anime à radio- Alger deux soirées hebdomadaires et devient assez vite la chanteuse incontournable des fastueuses soirées altérasses.

Accompagnée des meilleurs musiciens comme Mustapha Skandrani (piano), Alilou (darbouka), Abdelghani (violon) elle chante avec les plus grandes voix de la chanson populaire et classique du Maghreb : Fadela dziria, Meriem Fekkaï, Alice Fitoussi, Zohra El-Fassia, Abdelkrim Dali, Dahmane Benachour.

Elle a même accompagné le maître du Chaâbi, Hadj M’Hamed El-Anka. Reinette exerce son art dans les nombreuses fêtes juives et musulmanes, mariages , circoncisions, anniversaires. Comme séfarade elle a même été admise à chanter dans un orchestre d ‘hommes. Son nouveau maître de chant Abderrahmane Belhocine lui donne des cours d’arabe littéraire et lui fait travailler sa diction sans relâche.

Et puis le temps passe et avec lui les belles années faites de succès et de Cites. Durant la Guerre de Libération nationale, elle quitte, la mort dans l ‘âme, sa terre natale et sa chaleur pour se replier dans la grisaille parisienne.

Commence alors une longue période de repli médiatique et de solitude. En 1985, Reinette a 70 ans et ne songe plus qu’à cultiver ses souvenirs. Il faut toute la ténacité d’un animateur de Radio-Beur à Paris pour la convaincre de remonter sur scène. Vit (en 1995) en banlieue parisienne, aux côtés de son mari, Georges Layani, un percussionniste.

Sultana Daoud, alias Reinette l’Oranaise, meurt le 23 novembre 1998, aux Lilas près de Paris.

Audio: Qum Tara

Frankie Paul

Dimanche 13 février 2011

Le musicien aveugle Frankie Paul, de son vrai nom Paul Blake, est né en Jamaïque en 1965.

C’est un des musiciens de Reggae les plus populaires sur l’île, à tel point, qu’il est souvent appelé: le Stevie Wonder de Jamaïque.

Audio: You are my everything

Ntaba and the Stone

Dimanche 13 février 2011

Ntaba et son groupe The Stone sortent leur premier album en 2007. Il porte le titre tout à fait approprié de: Too Long Travelling.

En effet, la vie de Ntaba n’est pas un long fleuve tranquille. A l’âge de 17 ans, ce musicien aveugle, compositeur et interprête de talent, quitte sa maison dans l’est de Londres, pour Cape Town en Afrique du sud.

C’est sa foi profonde qui le soutient, lorsqu’il perd subitement la vue en 1990.

Sa musique est une fusion entre le Reggae et la pop africaine avec des acdcents de Bob Marley.

Audio: Blind reggae singer from London

Keyt

Dimanche 23 octobre 2011

De son vrai nom Yaya Keita, Keyt est né en 1989. Originaire de Bobo-Dioulasso, à l’Ouest du Burkina Faso, il a été atteint de la méningite qui lui a fait perdre la vue.

Mwandoé du groupe Yeleen est immédiatement tombé sous le charme de ce garçon plein de caractère et de talent et a participé à la réalisation de son premier album « Mon histoire ».

Audio: Mon histoire