Du Café de l'Ouest à Ouagadougou

Croisière pour l'alphabétisation des enfants aveugles du Burkina Faso

Image d'accueil: Ecole Braille Jean-Marc Meyrat à Boulsa au Burkina Faso

Catégorie: Nouvelles de Boulsa

Campagne de parrainage

Dimanche 30 janvier 2011

Il y a trois ans, nous nous sommes investis dans un projet de construction d’une école pour l’alphabétisation d’enfants aveugles à Boulsa au Burkina Faso. Ce projet comprenant notamment la construction de trois salles de classe, de sanitaires, le forage d’un puits et la fourniture de matériel didactique était devisé à 60’000 francs suisses.

Grâce aux dons de certains d’entre vous et grâce aux différentes actions qui ont été menées pour récolter des fonds (repas de soutien au Café de l’Ouest, vente du livre « Du Café de l’Ouest à Ouagadougou »), plus de 45’000 francs suisses ont pu être récoltés. Un grand merci à vous qui avez participé à ce magnifique succès.

Depuis lors, le puits est en activité, procurant de l’eau non seulement à l’école de Boulsa, mais également à 27 familles habitant dans les environs proches; le bâtiment abritant les salles de cours a pu être inauguré en avril 2010, les sanitaires sont construits. Bref, les objectifs fixés sont atteints et même, les coûts initialement prévus ont pu être revus à la baisse, de sorte que le financement est complètement assuré par les sommes récoltées jusqu’à maintenant. A signaler que le Canada a investi dans la construction des dortoirs et d’un poulailler. Ce dernier ainsi que le puits permet de générer quelques recettes.

Lors de notre dernier voyage au Burkina Faso en compagnie de Michel Bondi en novembre 2010, nous nous sommes plongés dans le fonctionnement et le financement de l’école, baptisée « Ecole Jean-Marc Meyrat ». Etienne Sawadogo, qui est le responsable de cette école nous a ouvert ses livres de compte. Il a fallu beaucoup de ténacité et de curiosité de notre part pour appréhender les difficultés financières dans laquelle se trouve cette école.

Nous avons alors constaté que les recettes pour cette école ne permettaient pas de garantir complètement les besoins de base des élèves (nourriture, soins, habillement, matériel scolaire adapté) et des salaires décents au personnel. Les cinq enseignants de l’école de Boulsa n’avaient pas reçu de salaire depuis deux mois, faute de liquidités, et le montant mensuel qui leur est versé ne représente pas même le tiers du salaire d’un enseignant de l’Education nationale. Etienne et son épouse qui assurent la confection des repas pour une cinquantaine de personnes ne sont pas rétribués.

L’alphabétisation des aveugles et malvoyants du Burkina n’ayant pas été pris en charge par la collectivité, ce sont les organismes religieux qui se sont vus confier cette tâche et qui se sont investis pour cette population laissée pour compte. Ceci explique peut-être le dévouement et l’implication dont font preuve les enseignants de l’école de Boulsa. Cependant ces enseignants ont des familles à nourrir…

Compte tenu des différences salariales importantes, ils sont tentés de se présenter au concours de l’Education nationale pour s’assurer un minimum vital. Il est donc urgent de tout mettre en œuvre pour fidéliser ces enseignants qui en plus de leur formation de base ont suivi une formation spécialisée pour l’enseignement dispensé aux enfants aveugles et malvoyants. Le départ de ces enseignants poserait la question de la survie même de cette école.

Alors que les infrastructures sont en place, il s’agit maintenant de pérenniser l’activité de l’école en lui assurant pendant une période transitoire, que nous estimons de deux ans, les ressources indispensables à son fonctionnement.

En étroite collaboration avec la Mission évangélique Braille (MEB) et la coordination locale, nous voulons mettre à profit cette période de deux ans pour créer des structures susceptibles de générer des fonds qui permettront à l’école de voler de ses propres ailes.

Des interventions au niveau régional et national seront menées pour que des écoles comme celle de Boulsa soient davantage reconnues financièrement par l’Etat et les collectivités publiques.

Par ailleurs, une ferme avicole productive (vente d’œufs et de poulets), un moulin à grain et la création d’un gîte sont d’ores et déjà prévus et financés par la MEB. Ces activités permettront aux jeunes aveugles et malvoyants de se former dans ces différents domaines. Les revenus découlant de ces activités viendront s’ajouter aux fonds institutionnels que l’école reçoit déjà et assureront la viabilité de cette école.

Durant cette période transitoire, nous nous proposons de mettre sur pied un parrainage non nominatif des 45 enfants de l’école. Nous estimons que le parrainage d’un enfant s’élève à 30 francs suisses par mois, soit 1 franc par jour et par enfant aveugle pour que l’école de Boulsa puisse faire face à ses obligations, améliorer le frugal quotidien des enfants et fidéliser les enseignants dont les salaires seront progressivement adaptés.

Nous nous engageons à ce que les sommes récoltées soient versées intégralement à l’école de Boulsa. Ainsi, aucun frais administratif ou de voyage, par exemple, ne saurait aller en diminution des montants récoltés. Les frais administratifs et de suivi sont prévus dans les projets assurés par la MEB.

Si vous souhaitez participer à cette opération, nous vous invitons à nous le faire savoir grâce au formulaire disponible sur la page Parrainer un enfant aveugle au Burkina Faso ou par écrit à l’adresse suivante :

Jean-Marc Meyrat
Rue de l’Ale 30
CH-1003 Lausanne
Portable: +41 (0)79 212 29 48

Vous serez régulièrement informés de l’évolution de la situation sur le blog www.jeanmarcmeyrat.ch dans la catégorie Nouvelles de Boulsa et recevrez régulièrement un rapport détaillé, par courriel ou sur papier, selon votre convenance

D’avance, nous vous remercions de votre soutien.

Avec nos cordiales salutations.

Jean-Marc Meyrat et Michel Bondi

Bulletin No 1 juillet 2011

Samedi 2 juillet 2011

Bonjour à toutes et à tous,

Nous souhaiterions tout d’abord adresser nos plus chaleureux remerciements à celles et ceux qui ont accepté de parrainer les enfants aveugles de l’école Jean-Marc Meyrat à Boulsa. Ce sont en effet 31 personnes qui ont répondu à notre sollicitation et qui se sont engagées à verser au minimum CHF 30 par mois, sur une période plus ou moins longue et pour un nombre variable d’enfants. Actuellement, votre générosité couvre le parrainage de 38 enfants pendant deux ans.

Nous aimerions également remercier celles et ceux qui ont souhaité faire un don unique pour notre projet. Notre reconnaissance va aussi à la famille de Michel, qui a souhaité faire bénéficier le projet de l’école de Boulsa de la moitié des dons rassemblés suite au décès de Grande mine, la maman de Dominique, son épouse.

Nous sommes soulagés de pouvoir vous informer que les troubles intervenus à Ouagadougou relatés il y a quelques semaines par la presse, n’ont pas eu d’incidences fâcheuses dans la paisible ville de Boulsa.

Compte tenu de l’excellent écho suscité auprès de vous par notre demande de parrainage, nous avons été en mesure de verser CHF 600 par mois depuis le début de cette année à l’école, via la Mission évangélique braille et son coordinateur sur place, notre ami Boubakar Ouedraogo.

Dès lors, frère Etienne a été en mesure d’adapter les salaires des enseignants. Dès le premier mai 2011, les enseignants ont vu leur traitement passer de 25’000 francs CFA (CHF 47) à 50’000 francs CFA.

Cependant, le salaire des enseignants de l’école de Boulsa reste très en-deçà de celui octroyé aux enseignants de l’éducation nationale, quand bien même l’enseignement dispensé par les collaborateurs de l’école Jean-Marc Meyrat est spécialisé.

Jusqu’à l’année passée, les enseignants recevaient un salaire pendant 9 mois, soit la période durant laquelle les enfants étaient à l’école. Dans le but de fidéliser les enseignants, frère Etienne a décidé de salarier ses enseignants sur toute l’année.

L’an prochain, il est prévu d’adapter à nouveau les salaires des enseignants. En 2013, nous souhaitons que les enseignants soient rémunérés aux mêmes conditions que les collaborateurs de l’enseignement officiel.

Sur les CHF 600 versés à l’école de Boulsa, 300 sont consacrés aux salaires des enseignants. La somme restante est utilisée à l’amélioration du quotidien des enfants en terme de nourriture, d’hygiène et de soins.

D’ici fin juin, nous attendons une confirmation quant aux salaires versés et allons demandés à frère Etienne, un rapport sur les améliorations apportées au quotidien des enfants.

D’ici fin 2013, nous mettrons tout en œuvre avec la Mission évangélique braille pour que l’école Jean-Marc Meyrat puisse voler de ses propres ailes. Pour ce faire, la MEB est en passe de monter différents projets, susceptibles de générer des fonds pour pérenniser l’activité de l’école: moulins à grains, poulailler, installation d’un gîte pour les visiteurs.

Dans cette optique, nous sommes très heureux de pouvoir vous annoncer que la Fédération suisse des aveugles et malvoyants (FSA), à l’initiative de son président Remo Kuonen et de son Secrétaire général, Kannarath Meystre, a octroyer un soutien de 6’000 francs pour l’année 2011. Nous profitons de ces lignes pour remercier la FSA, dont l’appui constitue pour nous une inestimable marque d’encouragement.

Tout en nous engageant à vous informer régulièrement quant à l’évolution du projet, nous vous réitérons nos plus chaleureux remerciements.

Jean-Marc Meyrat et Michel Bondi

Bulletin No 2 décembre 2011

Samedi 17 décembre 2011

Depuis notre premier bulletin qui vous a été adressé en mai 2011, bien des choses se sont mises en place et les premières mesures prises commencent à démontrer leur efficacité.

A l’occasion du séjour que nous avons fait, ma femme Francine et moi, à Boulsa en octobre dernier, nous avons eu l’immense plaisir de constater que les comptes sont tenus avec exactitude et que les sommes dépensées s’inscrivent intégralement dans les buts de cette action de parrainage soit l’amélioration du quotidien des élèves aveugles et malvoyants de l’école et la valorisation des salaires des enseignantes et des enseignants. Pour en savoir davantage sur notre séjour, n’hésitez pas à visiter la catégorie: Voyage à Boulsa octobre 2011.

Amélioration du quotidien des enfants

« Mieux vaut prévenir que guérir »

Grâce aux constatations et aux observations pertinentes de Francine, nous allons prendre des mesures très concrètes en matière d’hygiène et de prévention. Nous allons donc consacrer un montant afin qu’une personne désinfecte chaque jour les latrines et une fois par semaine les dortoirs des enfants. Une somme sera également allouée aux contrôles de santé de chaque écolier afin de dépister les parasites intestinaux ainsi que les carences en vitamines.

Les latrines neuves

Les latrines neuves

En ce qui concerne la prévention, un travail d’éducation est encore à faire : se laver systématiquement les mains après chaque passage aux latrines, ne pas s’y rendre pieds nus mais chaussés afin de protéger les pieds, souvent blessés, des salissures. Reste encore à définir de quelle manière les enseignantes et enseignants pourront veiller, aider et accompagner leurs élèves tout au long de la journée dans ce « programme d’éducation à la santé », leurs journées étant déjà bien occupées.

Sur le conseil d’un responsable sanitaire de la commune de Boulsa, nous allons mettre en place des mesures afin que les enfants reçoivent suffisamment de protéines. Doubler la quantité de poisson quotidienne, non de viande dont la qualité n’est pas sûre, offrir un œuf par semaine et proposer un complément vitaminique aux enfants souffrant de carence.

Frère Etienne va nous remettre les comptes de l'école

Frère Etienne va nous remettre les comptes de l'école

Un œuf par semaine, cela peut paraître dérisoire. Il faut savoir que le prix d’un œuf à Boulsa, 100 francs CFA, est le même que celui d’un œuf acheté en Suisse.

Lorsqu’on sait qu’un enseignant de Boulsa gagne environ 50 de nos francs par mois, on comprend pourquoi les œufs représentent une denrée difficilement accessible. Cela explique aussi pourquoi l’école souhaite se doter d’un poulailler pour générer des fonds.

Pendant la récréation

Pendant la récréation

 

Valorisation des salaires des enseignants

En 2011, les enseignants de Boulsa ont vu leur salaire mensuel passer de 25’000 à 50’000 francs CFA. 1 ’000 francs CFA = 2 de nos francs. Bien que ces salaires ne soient de loin pas équivalents à ceux proposés par l’éducation burkinabé, nous ne voulons pas continuer d’adapter les salaires de façon linéaire. Ainsi, frère Etienne pourra tenir compte de l’ancienneté, de l’engagement et des responsabilités de chacun des cinq enseignants/tes de l’école de Boulsa.

En raison des montants importants consentis par la Mission évangélique braille pour la formation des enseignants amenés à travailler en faveur des enfants aveugles et malvoyants au Burkina Faso, nous avons invité frère Etienne à exiger, lors de l’engagement de nouveaux enseignants, que ces derniers s’engagent pour une durée minimale de trois ans.

Formation des enseignantes et enseignants

Lors de notre séjour en octobre dernier, nous avons eu la chance de faire de la formation aux adultes travaillant dans cinq centres d’alphabétisation pour enfants aveugles et malvoyants. Différents thèmes ont été abordés durant ce séminaire: enseignement du braille, comment guider une personne aveugle, corrections en commun du livre « Lire au Burkina », initiation à l’utilisation du boulier, méthodologie pédagogique, sensibilisation au développement de l’enfant.

Sensibilisation au guidage

Sensibilisation au guidage

Il ressort de cette formation, que les enseignants/tes ont une bonne formation concernant la méthodologie, ce qui leur permet de mener à bien une leçon. Ce qu’ils doivent encore apprendre, et ils en sont conscients, est le travail individualisé pour chaque enfant en fonction des compétences et des besoins de chacun. Le message que nous avons essayé de transmettre durant cette formation est qu’ils doivent être attentifs à ne pas s’enfermer dans la méthodologie au risque de devenir « aveugles » aux autres besoins essentiels de leur élèves afin de leur assurer le développement le plus harmonieux possible. Ceci est d’autant plus possible que les effectifs des classes sont réduits, 12 élèves en moyenne.

La coopération suisse soutient notre action

Philippe Fayet, l’actuel directeur de la coopération suisse au Burkina Faso est un ami de trente ans. C’est lui et sa femme Anne-Christine qui nous hébergent dans leur très agréable maison à Ouagadougou lors de nos séjours au pays des hommes intègres. Bien plus qu’un appui financier, Philippe a proposé de nous soutenir en mettant à la disposition de frère Etienne un collaborateur de la DDC (direction du développement et de la coopération) qui procédera tout d’abord à une évaluation de la situation et soutiendra régulièrement frère Etienne dans son travail administratif ainsi que pour la mise en place de structures susceptibles de générer des fonds, afin que l’école puisse voler de ses propres ailes. Etienne a accueilli avec enthousiasme et soulagement cette aide.

Un moulin à la disposition des habitants de Boulsa

Grâce aux 6’000 francs octroyés en 2011 à l’école par la Fédération suisse des aveugles et malvoyants (FSA), nous pouvons participer de manière très significative à l’installation d’un moulin multi-fonctions qui sera financé pour le reste par un projet monté par la Mission évangélique braille (MEB). Grâce à ce moulin, la population aura à disposition un outil permettant de moudre les graines qui entrent dans la nourriture de base: mil, petit mil et mais. Comme évoqué plus haut, frère Etienne espère pouvoir exploiter un poulailler abritant plusieurs centaines de poules pondeuses. Nous insistons pour que ces deux activités soient non seulement une source de revenus, mais aussi une possibilité de formation pour les jeunes aveugles et malvoyants.

Le livre «Lire au Burkina» transcrit en braille

C’est Christine Fayet-Berthoud, la sœur de Francine, qui a patiemment tapé l’intégralité du livre de base de l’éducation au Burkina Faso. Corrigés par nos soins, grâce aux remarques pertinentes des enseignants/tes concernés, il sera imprimé en braille à une centaine d’exemplaires grâce aux expertes compétences de Bertram Paul et Anne Pillet de la Bibliothèque Braille romande à Genève.

A l’occasion de notre dernier passage à Ouagadougou, le hasard a voulu que nous fassions connaissance par l’intermédiaire de Silvana Moi-Virchaux, la femme du directeur de la coopération suisse au Bénin, de Madame Boli, la ministre de l’éducation burkinabé. Elle s’est d’emblée déclarée d’accord de soutenir cette action en inaugurant officiellement ce livre dans le cadre de la triennale de l’association pour l’éducation en Afrique qui se déroulera en février 2012 à Ouagadougou.

La création d’une association est nécessaire

Pour consolider ce qui a été entrepris, pour pouvoir rechercher des fonds auprès d’institutions actives dans les domaines du handicap de la vue et de l’éducation, pour être reconnue d’utilité publique, notre action doit être pérennisée par la création d’une association. Le but de l’association sera : l’alphabétisation braille avec une prise en compte globale du développement des enfants aveugles et malvoyants. Nous vous informerons de l’évolution de nos démarches, en espérant que nous pourrons vous compter parmi les membres de cette association.

Remerciements

Nos remerciements vont à vous toutes et à vous tous, fidèles donateurs et donatrices, sans qui, notre travail à l’école de Boulsa ne saurait être possible. Merci également à tous nos amis burkinabés qui œuvrent quotidiennement auprès des enfants aveugles et malvoyants de l’école braille « Jean-Marc Meyrat ».

Nous vous souhaitons de bonnes fêtes. Avec nos très cordiales salutations!

Francine Meyrat

Jean-Marc Meyrat

Michel Bondi

Petits et grands jouent avec les briques

Petits et grands jouent avec les briques

Contact

Pour en savoir plus sur ce projet, vous pouvez nous contacter via le formulaire de contact ou directement en vous adressant aux personnes ci-dessous:

Jean-Marc Meyrat
Fédération suisse des aveugles et malvoyants
Responsable de l’Antenne romande
Rue de Genève 88 b, 1004 Lausanne
Tél.: ++41 (0)21 651 60 63
Mobile: ++41 (0)79 212 29 48

Michel Bondi
12, avenue Blanc
1202 Genève
Tél.: ++41 (0)22 732 83 71
Mobile: ++41 (0)76 358 46 96