Du Café de l'Ouest à Ouagadougou

Croisière pour l'alphabétisation des enfants aveugles du Burkina Faso

Image d'accueil: Ecole Braille Jean-Marc Meyrat à Boulsa au Burkina Faso

Catégorie: Voyage à Boulsa, octobre 2011

4 octobre

Mardi 4 octobre 2011

Bonjour à toutes et à tous,

L’été indien déploie encore ses fastes. Cela ne va pas nous empêcher, à Francine et à moi, de reprendre nos valises pour nous rendre au Burkina Faso dimanche prochain, 9 octobre.

Comme c’est devenu une tradition, je vais alimenter ce blog le plus régulièrement possible, afin de vous conter par le menu, nos faits et gestes.

Nous demeurerons tout d’abord chez Philippe et Tinou à Ouaga où nous allons dispenser de la formation aux enseignants de cinq écoles pour enfants aveugles, avant de me rendre à Boulsa, dans cette chère école Jean-Marc Meyrat.

Je vous donne d’ores et déjà rendez-vous sur ce blog.

Je profite de ce petit mot pour vous remercier, toutes et tous, pour l’indéfectible soutien que vous apportez à notre action en faveur des enfants aveugles du pays des hommes intègres.

A bientôt !

Jean-Marc et Francine Meyrat

8 octobre

Samedi 8 octobre 2011

L’intitulé de ce blog est: Du café de l’Ouest à Ouagadougou.

C’est en effet de ce charmant bistro que Michel Bondi, Philippe Racine et moi-même, avons débuté notre périple qui nous a mené jusqu’à Ouagadougou sur 6’000 kilomètres bord de notre cher Toyota en mars 2009.

Depuis jeudi passé, 6 octobre 2011, Nasser et Josiane Metref qui tenaient le Café de l’Ouest à Lausanne depuis 13 ans, ont dû mettre la clé sous la porte. Il est vrai que leur volonté de donner une nouvelle orientation à leur vie professionnelle était connue de tous. L’arrêt de leur activité était fixée à la fin de ce mois. Malheureusement, pour des raisons qui m’échappent, le bistro a fermé plus tôt que prévu.

Bien sûr, l’immeuble demeurera, l’enseigne du bistro aussi, mais plus rien ne sera comme avant.

Nasser et Josiane se sont beaucoup investis pour l’école Jean-Marc Meyrat au Burkina Faso. qu’ils en soient ici remerciés du fond du cœur.

Mais que le cousse-cousse de Nasser va nous manquer, mais que la gentillesse de Josiane et Mouloud vont nous faire regretter de ne pas avoir été encore plus souvent au Café de l’Ouest. Parmi ces quelques remerciements, n’oublions pas la belle Charlotte et Christine.

Je vous souhaite, chère Josiane et cher Nasser, plein de bonheur pour la suite. Vous faites partie de mes meilleurs amis.

9 octobre

Lundi 10 octobre 2011

Vue de la côte africaine

Nous voilà partis!

Le vieil adage selon lequel: tout le monde n’a pas la chance d’être aveugle, s’est à nouveau vérifié. Grâce à cette chère blanche, ma canne, celle qui a permis à Philippe, Michel et à votre serviteur de surmonter bien des difficultés lors de leur descente à bord de notre cher Toyota depuis Lausanne jusqu’à Ouagadougou en 2009, la préposée à l’enregistrement des bagages a été particulièrement compréhensive. Nous sommes en surcharge de plusieurs kilos pour trois des quatre valises que nous avons étalées dans le hall pour répartir au mieux le poids. En comptant nos trois bagages à main, ce ne sont pas moins de 130 kilos de matériel que nous apportons dans nos valises.

Janique Cottier: super collègue

C’est grâce au fils de Janique, Quentin qui avait un tournoi de hockey sur glace à Genève, que celle-ci s’est proposée d’amener notre montagne de bagages à l’aéroport. La voiture était tellement pleine, que le sac de hockey de Quentin n’a pas trouvé place à bord du véhicule familial, si bien que Janique a mobilisé sa voisine pour l’accompagner avec une seconde voiture à Genève, afin que l’occasion d’un déplacement près de la frontière Française pour faire des courses ne soit pas perdue. Merci à toi, chère Janique!

Dans le cochon tout est bon

Après avoir enregistré nos bagages, nous nous sommes rendus chez Christine, la sœur de Francine, une fidèle donatrice avec sa fille Caroline de l’école Jean-Marc Meyrat à Boulsa. Un gratin fondant, du jambon délicieux, un saucisson bien de chez nous, rien de tel pour se préparer au poulet bicyclette et à celui servi sur Air-France.

Premières anecdotes

La diane sonne aux environs de 5 heures, nous devons être à l’aéroport à 6 heures 15. Au contrôle de sécurité, Francine siffle. Ils ont tout d’abord pensé que c’étaient les chaussures de ma femme qui posaient problème, puis un stylo, mais non. Quelle ne fut pas notre surprise de constater que c’était un stupide paquet de fisherman’s friend qui sifflait.

Arrivés à Paris, nous sommes pris en charge par l’assistance qui ne tarit pas d’éloges sur notre efficacité à affronter les contrôles de sécurité. A notre arrivée au terminal 2F de l’aéroport Charles De gaulle, cela bouchonne. Un bagage abandonné vient d’être localisé, tout s’arrête. Après quelques minutes de vaines recherches pour retrouver son propriétaire, le colis suspect est neutralisé par les démineurs sous les applaudissements du public présent.

N’empêche que les choses ont bien failli mal commencer, lorsque Francine s’est aperçue qu’elle avait oublié son sac à dos dans les toilettes. Plus de peur que de mal, mais l’alerte fut chaude.

Message personnel pour Michel Bondi. C’est toujours la Baume, un méchant vin rouge du Langue d’Oc que l’on boit toujours avec Air-France.

10 octobre

Mardi 11 octobre 2011

Le dernie arrivé au centre Siloé

A notre arrivée, ils sont venus en force nous accueillir à l’aéroport, la lionne blanche et son lion.

En plus de Philippe et Tinou, il y avait le pasteur Bouba et sa femme Agnès, le pasteur Samsung, le frère Etienne de Boulsa, le roi Naré et sa fille Valérie, Laurent Abga, le président de l’Association pour le salut des handicapés de la vue du Burkina. Après un apéro partagé avec toute la troupe chez les Fayet, nous sommes allés au bistro, histoire de croquer un truc et de boire un coup avant d’aller nous coucher, un peu fatigués après 12 heures d’un voyage qui s’est bien passé.

Ce matin débute la formation des enseignants provenant de cinq écoles pour enfants aveugles soutenues par la Mission évangélique braille.

L'équipe des enseignantes et enseignants

Nous voici dans le trafic intense de Ouagadougou à bord de ce cher Toyote qui compte aujourd’hui 337.015 bornes au compteur.

Nous sommes accueillis au centre Siloé par les chants des enfants accompagnés du djembé. Lorsque j’entends ces chants, cela me rappelle, en beaucoup moins gai bien sûr, les cantiques que nous chantions à l’asile des aveugles chaque matin. On ne comprenait pas toujours très bien ce que nous chantions, mais quelle importance: alléluia!

Etonnant, le pasteur Bouba, le Burkinabé le plus suisse du Burkina, est en retard. Attention, je dois faire attention à ce que je dis le concernant. Il a en effet été nommé ambassadeur du braille au Burkina par l’Union mondiale des aveugles.

Ce sont environ 20 personnes qui vont participer à cette formation. Une des enseignantes a son bébé dans le dos, une autre tient le sien sur les genoux. Deux des enseignants sont aveugles. Nous avons même la chance d’avoir parmi nous la responsable départementale de l’éducation de base.

Je débute ma présentation par un rapide survol du Braille. Ensuite j’expose une technique de l’apprentissage du Braille à l’aide de réglettes dans lesquelles on enfile des chevilles pour composer les symboles braille. Ce système basé sur la progression d’une lettre par rapport à l’autre, semble convenir.

Ensuite, avec l’aide des enseignants aveugles, nous parcourons une méthode progressive de l’apprentissage du braille qui semble, elle aussi, recueillir l’assentiment général.

Les écoliers attendent la reprise des cours

Mais au-delà de l’alphabétisation proprement dite, c’est le développement global des enfants dont parle Francine. Elle explique aux enseignants présents que leur rôle ne se limite pas à l’alphabétisation, mais qu’il doit également prendre en compte d’autres aspects, comme la spatialité et la connaissance de l’environnement.

Dans toute cette problématique, il ne faut jamais perdre de vue que ces enfants ont été, pour la plupart d’entre eux, considérés comme des bouches inutiles à nourrir et reclus au fond de la case familiale, au mieux dans leur cour. Ils n’ont donc aucune expérience du monde qui les entoure. Le travail des enseignants représente donc le passage d’un monde clos au monde extérieur. Tout ce processus est bien évidemment ponctué d’étapes parfois difficiles à franchir. Francine explique que ce qui pourrait paraître une perte de temps au début du processus, s’avère être, en fin de compte, un gain inestimable. A quoi cela sert-il qu’un enfant soit alphabétisé s’il demeure recroquevillé sur lui-même?

A table!

J’ai distribué les devoirs aux enseignants. J’ai distribué quatre exemplaires de la version PDF du livre Lire au Burkina, ouvrage transcrit par Christine, la sœur de Francine et retravaillé bénévolement par Anne Pillet, la directrice de la Bibliothèque braille romande à Genève. Bravo les filles! Notre travail d’adaptation et de correction aura lieu jeudi!

A demain!

11 octobre

Mercredi 12 octobre 2011

Préparation du repas au centre Siloé

Nous avons passé une journée tranquile. Nous sommes restés chez les Fayet, moment que Francine a choisi pour aller acheter des pintades en céramique raélisées par une personne handicapée.

Après un petit repas chez les Fayet avec Mariel et Silvana, je me suis rendu chez le roi Naré pour osculpter son ordinateur. Sa ligne braille ne fonctionne plus. A mon avis, c’est le câble d’alimentation qui est mort.

Philippe et Tinou rentrent ce soir pour la Suisse. Ils seront de retour le 18, soit la veille de notre retour en Suisse. je vais donc en profiter pour leur demander de ramener le matériel dont j’ai besoin pour dépanner le roi Naré. Pour cela, je compte, comme toujours, sur le soutien de mon ami Blaise Gauchat du Service romand pour handicapés de la vue.

Le soir, Francine et moi avons pris le temps de préparer la journée de formation du 12. Avec l’aide de son Excellence, l’ambassadeur du Braille au Burkina, le pasteur Bouba, Francine a trouvé des livres qu’elle va présenter aux enseignants. Ce sont des livres tout simples, mais qui, transcrits en Braille, pourront proposer des exercices de lecture aux enfants. Il est vraiment très important que les textes les intéressent et les fassent un peu rêver.

Après un excellent gâteau au fromage préparé par Alain que nous avons partagé avec Mariel. Je suis allé me coucher pour connaître les résultats de foot. A propos, qu’ont fait les Suisses?

Oui, un incident: je me suis cassé un morceau de dent en buvant ma bière. Je n’avais plus pensé qu’ici, ils ont l’habitude de laiser la capsule sur la bouteille après l’avoir ouverte, à caus des mouches je suppose. C’est ça la vie en brousse!

A demain!

12 octobre

Mercredi 12 octobre 2011

Ma petite entreprise connaît pas la crise

Levés à 6h30, nous entamons notre seconde journée de formation.

Ce matin, au petit déjeuner, nous avons discuté avec Silvana, la femme du directeur de la coopération suisse au Bénin. C’est incroyable comme les idées foisonnent. J’aime bien sa démarche. Quand bien même les gens manquent de l’essentiel, la culture ne doit pas rester en rade. Du reste, la coopération suisse au Burkina soutient de nombreux projets en relation avec le théâtre. Il est vrai, que le Burkina est véritablement un pays de culture en Afrique de l’ouest.

La lionne blanche a vraiment l’éducation dans le sang. Elle est absolument parfaite. Elle sait présenter les choses de manière accessible. Moi, j’ai tendance à trop compliquer les choses. Comme je ne vois pas les réactions des gens sur leurs visages, je ne me rends pas compte si le message passe vraiment. Nous nous complétons vraiment très bien.

Moi, je lis!

Salle de bain en plein air

C’est tout de même particulier. Les enseignants pensent que tout doit venir d’Europe, alors qu’il serait possible de recourir à du matériel local. Malheureusement, ils ont perdu leur faculté de créer, d’imaginer. Ils partent du principe qu’ils n’ont rien, ce qui est vrai. Malgré tout, il y a des techniques simples qu’il est parfaitement possible d’utiliser. Produisons et consommons burkinabé, le slogan du capitaine Sancara résonne de manière bien lointaine. Un simple exemple: Les aveugles manquent de cannes blanches, mais la question n’a jamais été posée, à savoir si nous ne pourrions pas envisager la production de cannes blanches locales. Pourquoi ne pas monter un projet de production de cannes blanches dans un atelier qui pourraient employer des personnes handicapées? Décidément, à l’instar de Nestlé, l’Europe a bien rendu les gens dépendants en créant des besoins pour écouler leurs produits.

Brossage des dents

Cette matinée était tout à fait intéressante. Les questions ont fusé et ceci sur tous les thèmes: le travail, la famille, le mariage, la place de la personne aveugle dans la société.

Les expériences sous bandeaux ont rencontré un immense succès. Tout le monde rigolait.

Cours de locomotion

La matinée s’est achevée par une magistrale partie de torball, toujours sous bandeaux, entre enseignants et enfants du centre Siloé en plein soleil. Il fait vraiment chaud.

Les enseignants jouent avec un bandeau

L’ambiance est au beau fixe. Bouba me semble se sentir peut-être un peu moins concerné. Il est vrai qu’il est de plus en plus appelé à d’autres tâches. Nous avons rendez-vous à l’Alliance biblique mardi prochain pour examiner la comptabilité qui concerne l’école de Boulsa. Avant cela, nous nous rendrons à la coopération suisse vendredi matin pour voir ce qui pourrait être mis en place pour soutenir le projet. Matthieu, le responsable pédagogique de cette même école de Boulsa est vraiment bien. Voilà un gars sur lequel on peut vraiment compter.

Demain sera une journée plus technique, puisque nous allons travailler l’ensemble du livre d’apprentissage de la lecture au Burkina, l’ouvrage qui a été transcrit par Christine, la sœur de Francine.

J’ai le sentiment que notre formation est bien appréciée. Les enseignants présents sont de plus en plus à l’aise. Ils commencent à oser s’exprimer, ce qui est vraiment réjouissant. Francine y est pour beaucoup.

Message personnel pour Bondi: Au moins ma dent s’est cassée sur un goulot de bouteille de bière et non sur un morceau de poulet bicyclette!

Le président veille sur tout

13 octobre

Vendredi 14 octobre 2011

Nestlé règne en maîtresse

Avant hier soir, nous avons fait la connaissance de la ministre burkinabé de l’éducation, Madame Coumba Boly-Barry. Il s’agit d’une très proche amie de Silvana qui demeure avec nous chez les Fayet. Nous lui avons présenté le travail de transcription en Braille du livre d’apprentissage de la lecture au Burkina. Elle s’est montrée très intéressée par ce travail. Nous lui avons dès lors proposé d’inaugurer officiellement ce livre, dès l’instant où il serait prêt. Nous ne vous cacherons pas qu’il y a encor du job. Elle s’est d’emblée montrée très intéressée par cette idée. Cet événement pourrait avoir lieu dans le cadre d’une rencontre de l’association pour le développement de l’éducation en Afrique qui se déroule aura en février 2012 à Ouagadougou. Il s’agit d’une manifestation qui est organisée tous les trois ans, dans un pays d’Afrique différent.

Le paradis des labradors

La correction du livre avec les enseignants s’est très bien passée. Leurs remarques et suggestions étaient tout à fait pertinentes. Nous avons heureusement pu compter sur la présence active de la responsable provinciale de l’éducation de base, qui a très bien cadré les demandes, en invitant les enseignants à ne pas trop s’éloigner du texte original.

Pas de crèche pour les enseignantes en formation

Lecture et écoute pendant la formation

Hier après-midi, nous avons eu une discussion très fructueuse avec le pasteur Bouba pour examiner la situation qui prévaut à Boulsa. Il s’avère qu’Etienne a touché l’argent du parrainage qui couvre le premier semestre de cette année. Nous avons beaucoup de questions à lui poser, surtout en relation avec l’adaptation des salaires des enseignants et l’amélioration du quotidien des enfants. Ayant eu un premier contact avec la comptable de l’Alliance biblique, l’institution au travers de la quelle les fonds parviennent à l’école de Boulsa, les choses deviennent beaucoup plus claires et nous expliquent les raisons de ce retard dans les versements.

Nous devons nous rendre à l’évidence que cela n’est pas facile pour ce cher frère Etienne de voir tous les aspects du projet. C’est la raison pour laquelle, nous allons voir dans quelle mesure nous pourrions lui apporter un soutien technique.

Cette question fera l’objet d’un entretien que nous avons ce matin 14 octobre, avec les services de la coopération suisse.

C'est le jour de lessive

Hier après-midi, nous avons essuyé une petite averse, vraisemblablement la dernière de la saison. Cette saison des pluies n’a pas été bonne, ce qui pose l’éternelle question de la quantité et de la qualité des récoltes.

Le linge sèche au soleil

14 octobre

Samedi 15 octobre 2011

Très constructive notre rencontre au bureau de la coopération suisse avec Madame Bovey, une des collègues de Philippe. Nous avons pu lui exposer la situation de l’école de Boulsa en détails. Ils vont mettre quelqu’un à disposition qui fera une évaluation de la gestion de l’école et qui pourra soutenir Etienne dans la gestion du centre. Il va vraisemblablement s’agir d’une visite tous les trois mois dans le but de former Etienne. Voilà une nouvelle qui nous encourage et nous rassure beaucoup et qui ne manquera pas d’en faire de même pour celles et ceux qui soutiennent l’école Jean-Marc Meyrat.

Nous avons également rencontré cet excellent Alfred Zongo, un gars absolument extraordinaire et Marie-Luce, deux autres collègues de Philippe.

Nous avons profité de l’occasion pour évoquer la réalisation de cannes blanches au Burkina à partir de matériel de récupération. Helvetas soutient un projet. une structure recycle les sachets plastiques pour en faire des ustensiles de la vie quotidienne.

Photo de groupe avec Francine

Aujourd’hui, c’est le dernier jour de formation des enseignants. Cette semaine aura été très enrichissante pour tout le monde, et ceci dans une foule de domaines. Nous venons d’arriver au centre Siloé où la matinée est consacrée à la méthodologie.

Grâce à la formation de Francine et surtout grâce à ses qualités d’écoute et de communication, notre action au Burkina prend véritablement une dimension très intéressante.

Cette fois avec Bouba

La lionne blanche vient de recevoir une magnifique filoche confectionnée par une personne handicapée et le mode d’emploi pour l’utilisation du boulier mis au point par le pasteur Bouba. Il est entièrement confectionné avec du matériel local: du bois de rouge, des bouts de rayons de roues de vélo, ainsi que des perles, telles que celles en colliers, que les femmes portent autour de la taille, le baya.

Devinez l'âge de la capitaine

Celui de son second

A midi, nous avons été mangé chez le pasteur Bouba. Au menu: pommes-de-terre aloco (avec banane Plantin), cousse-cousse et poulet bicyclette. Vu la chaleur, 37 degrés, nous n’avons pas très faim, bien que ces plats soient aussi délicieux les uns que les autres. C’est vraiment très sympathique. Où que nous mangions, il y a toujours une bouteille de bière pour le lion, parfois même, il y en a deux, comme si le père Bondi allait débouler avec son accent genevois.

A 18 heures, nous nous sommes rendus au centre de l’association pour le salut des handicapés de la vue du Burkina. nous avons remis à son président, un portrait de Louis Braille.

Savez-vous ce que c’est qu’un tais-toi? c’est un billet de 10.000 francs CFA.

15 octobre

Dimanche 16 octobre 2011

Hier soir, nous avons été acheté un peu de vin, histoire de remplacer, en parti, les bouteilles de Philippe et Anne-Christine que nous avons consommées. Dans le magasin tenu par des Libanais, nous avons vu un magnum de Château Pétrus 1975. Son prix: 5.000.000 de francs CFA, soit presque le double du prix de la diplomatique Mercedes du pasteur Bouba, son excellence l’ambassadeur du Braille au Burkina Faso. Je me demande bien quel goût peut avoir ce pinard après son long voyage et ses conditions d’entreposage.

Levés à 7 heures, nous avons partagé le petit déjeuner avec Silvana et Mariel. La discussion a roulé sur la culture en Suisse.

Ce matin, nous allons visiter la ferme du roi Naré à Rabèga, à 24 kilomètres de Ouagadougou.

La route est parfaite, cela s’explique aisément, puisque c’est celle qui conduit à Ziniaré, le village natal de Blaise Compaoré, le président du pays des hommes intègres.

Il s’agit de la ferme nourricière du centre Siloé. On y cultive le mile, le maïs, le haricot et l’arachide. Deux personnes aveugles gèrent cette exploitation qui couvre 1,5 hectares. Un poulailler de 50 poules fournit des œufs. Les poussins sont importés de France. La nuit, elles veulent de l’éclairage, car elles s’ennuient de leur batterie natale.

Daniel sort du poulailler

L’année prochaine, le goutte à goutte financé par la coopération suisse sera installé. Quinze personnes aveugles seront formées à l’agriculture. Cela fait partie intégrante du projet soutenu par la Suisse. Le goutte à goutte sera alimenté par un forage de 50 mètres qui a été offert à l’association par la Mission évangélique braille.

Le maïs et le bisap sèchent devant la maison du gardien

Les arachides n'ont pas bien donné cette année

Le gardien est à l'ombre

A midi, nous avons partagé le repas chez les Naré avec Bouba et Laurent. Comme d’habitude, l’accueil a été très chaleureux. Au menu, délicieux mais ressemblant à ce que nous avons mangé chez le pasteur Bouba.

Depuis la salle où causaient les hommes, j’ai écouté ce qui se passait dans la cuisine. Ce n’étaient que chansons et discutions à bâton rompu. Francine a vraiment une faculté incroyable à s’intégrer en toutes situations.

Les femmes en cuisine

Nous sommes rentrés chez les Fayet en milieu d’après-midi, heureux de pouvoir se reposer un peu. Il y a tout de même des pointes à 40 degrés.

Demain, nous partons pour Boulsa, sans auparavant avoir fait bénir ce cher Toyote par Rosalie, la femme du roi naré.
Le roi Naré ne sera pas du voyage, car il a une inspection mardi matin et il désire s’y préparer. Nous partirons à quatre: Bouba, Samsung, la lionne blanche et son lion.

Message personnel pour Bondi: le DDA n’est pas encore sorti du bois!

16 octobre

Lundi 17 octobre 2011

Départ pour Boulsa.

Avant de prendre la route qui nous mènera tout d’abord à Wayen. Nous passons chez les Naré, afin que Rosalie bénisse ce cher Toyote et son équipage. La lionne blanche est toute chamboulée et verse une petite larme. C’est vrai que cette femme a un rayonnement incroyable.

Rosalie bénit le bus

Pneus gonflés et le plein d’essence effectué, nous quittons Ouagadougou. Avec Samsung au volant et la prière de Rosalie, rien ne peut nous arriver.

Nous faisons encore une halte pour acheter des bananes et un sac de 50 kilos de riz importé de Thaïlande. Il est moins cher que le riz burkinabé, 20.000 francs CFA le sac, soit environ 40 de nos francs.

Très émouvante cette visite à Wayen. Lorsque je suis venu pour la première fois à Wayen en 2008, la misère montrait son vilain visage. Aujourd’hui, un puits financé par la Mission évangélique braille a été foré, où les villageois de toute confession viennent tirer l’eau. La parcelle a été clôturée pour protéger les futures récoltes des dégâts causés par les animaux. Depuis que Francine est venue en avril 2010, les visages des membres de la communauté se sont épanouis. Bravo la MEB!

La communauté des handicapés de la vue à Wayen

Nous avons été couverts de cadeaux: une tenue traditionnelle pour chacun, des bijoux pour la lionne blanche et un coq, présent personnel du chef du village. En voilà encore un qui va rejoindre le poulailler de l’école Jean-Marc Meyrat.

Le chef du village de Wayen

Lorsque je suis passé pour la première fois au Burkina, il n’y avait rien à Zorgho. Aujourd’hui, trois classes et deux bureau sont construits et un puits creusé. L’école Alain Décoppet sera inaugurée en grande pompe en décembre prochain.

öes bâtiments flambant neufs à Zorgho

Deux nouveaux coqs rejoignent celui de Wayen dans le coffre du Toyote.. A trois c’est toujours mieux. C’est le poulailler de Boulsa qui rigole, c’est son jour.

Nos passagers bien malgré eux

A Koupéla, à 150 kilomètres de la frontière avec le Togo, nous faisons halte dans un centre d’alphabétisation où nous avons mangé ce que vous savez. Après avoir demandé la permission, prendre congé, nous prenons la piste qui va nous mener à Boulsa.

öes emfamts du village viennent tirer de l'eau au puits

La taule ondulée commence. Je ne sais pas ce que ressentent nos trois passagers volatiles, mais moi, j’ai presque le foie dans les dents, malgré l’excellente conduite de Samsung, le meilleur chauffeur de tout l’ouest africain. Cependant, la piste me semble bien meilleure que les autres années.

Nous sommes arrivés à Boulsa accueillis par les chants des enfants. Je vais boire une Brakina bien fraîche à la santé du père Bondi, dans la petite maison que nous avons partagée ensemble l’année dernière.

Accueil par les enfants à Boulsa