Du Café de l'Ouest à Ouagadougou

Croisière pour l'alphabétisation des enfants aveugles du Burkina Faso

Image d'accueil: Ecole Braille Jean-Marc Meyrat à Boulsa au Burkina Faso

Catégorie: Voyage à Boulsa, octobre 2011

17 octobre

Mardi 18 octobre 2011

Il est 5 heures 30. Je me trouve à nouveau dans la cour du frère Etienne. J’ai épouvantablement mal dormi. Je me demande même si je me suis vraiment assoupi. Il régnait une chaleur épouvantable.

Samsung et Bouba, nos deux vaillants pasteurs, sont cuits

La cour s’éveille au cri du coq. Les poules déambulent et caquettent déjà. Le brave cochon qui me tenait compagnie l’an passé, n’est plus là.

Tata Jacqueline, la femme de frère Etienne, tire de l'eau

C’est tout de même absolument génial cette clé Internet. Depuis le fin fond du Burkina, je peux alimenter quotidiennement notre blog. C’est lent bien sûr, mais si on s’y prend tôt le matin, ça passe. Evidemment, il y a des photos qui sont dans le mauvais sens. Il s’agit-là d’un inconvénient d’être aveugle. On ne peut pas avoir de la chance tout le temps. Nous remettrons de l’ordre dans tout ça à notre retour en Suisse.

Ce matin, j’ai eu l’immense plaisir de pouvoir féliciter frère Etienne pour le soin qui a été apporté aux ordinateurs que nous avions apportés et aux livres imprimés en Braille envoyés par la Bibliothèque braille romande à Genève. La poupée Brailline pour apprendre le Braille elle, a pris une bonne secouée. Cela prouve au moins qu’elle a été bien utilisée.

Les duplos, ici les briques, sont très utilisés

Je n’ai bien évidemment pas réussi à installer l’imprimante braille. Bien que la configuration soit rigoureusement identique à celle que j’avais avec ce PC, cela ne fonctionne pas. C’est là une affaire de spécialiste. Je vais donc voir avec mes potes du Service romand d’informatique pour handicapés de la vue, si on peut faire quelque chose via Internet ou à l’occasion du séjour de Heinz ou idéalement, de celui de Pierre-Yves, le spécialiste informatique de la MEB.

J’ai tellement chaud aux pieds dans mes baskets, que je me suis acheté des nu-pieds, des tapettes comme on dit ici. Frère Etienne m’appelle papa, et Francine maman. Nous avons été visité le dispensaire catholique où figure en bonne place une belle photo de l’école Jean-Marc Meyrat. Nous avons pris rendez-vous avec l’infirmier qui visite régulièrement l’école Jean-Marc Meyrat, pour voir dans quelle mesure nous pourrions améliorer l’équilibre alimentaire des enfants.

ça, c'est de l'amitié, non?

A 15 heures, nous avons rendez-vous avec la responsable provinciale de l’éducation de base.

De retour à l’école, je me suis livré à un petit test avec les élèves. Il faut bien se rendre à l’évidence, même en cinquième année, la plupart des enfants n’en sont qu’au stade du déchiffrage. La tâche à accomplir est énorme, au-delà de tout ce que l’on peut imaginer. Mais ce n’est pas ce constat terrible, qui nous fera baisser les bras. Allons-y pas à pas, tentons d’assurer déjà la base.

Le niveau de certains enseignants est préoccupant. Nous allons aborder ce problème avec frère Etienne lors de notre entretien qui passera en revue tous les aspects de l’école.

Frère Etienne en sa cour

La discution a été très constructive. Si vous n’y voyez pas d’inconvénient, je vous en ferai un rapport circonstancié à notre retour en Suisse. Neuf heures d’avion, avec une escale à Niamey, c’est long!

18 octobre

Mercredi 19 octobre 2011

Nous avons poursuivi ce matin la conversation commencée la veille avec frère Etienne. Ce dernier souhaite que nous nous adressions aux enseignants avant notre départ pour Ouagadougou.

Palabres au petit matin

Comme c’est peu à peu devenu l’usage, nous allons nous répartir les rôles: Francine va s’occuper de l’aspect pédagogique et moi, de l’aspect financier.

Sans entrer dans les détails, voici quelques éléments qui ressortent de nos discutions. Frère Etienne est enchanté à l’idée de pouvoir bénéficier d’un soutien de la coopération suisse. Avec Bouba, Etienne va établir un budget prévisionnel prenant en compte l’adaptation des salaires des enseignants et l’amélioration du quotidien des enfants pour fin novembre. Ainsi, nous pourrons adapter le parrainage en 2012. Avec le soutien de la coopération suisse et de Bouba, nous l’avons invité à établir une prévision de recettes, suite à la mise en route du moulin et du poulailler. Cela sera Heinz, lors de son séjour en décembre prochain, qui fixera l’échéancier avec Etienne.

En ce qui concerne le projet d’agrandissement de la structure avec le Lion’s club de Ouagadougou, nous lui avons conseillé de séparer rigoureusement les domaines d’activité du centre de formation. Nous lui avons répété qu’il était relativement possible de trouver du financement pour les infrastructures. Mais comment va-t-il financer le quotidien? Nous lui avons encore une fois dit qu’il devait tout d’abord assurer les bases avant de se lancer dans d’autres projets.

ça commence tôt pour la femme africaine

La femme africaine travaille vraiment beaucoup. Jacqueline, la femme du frère Etienne, balaie déjà sa cour à 5 heures du matin. Ensuite, elle lave les enfants, va s’occuper des cochons tout en portant dans son dos le bébé d’une de ses filles. Ensuite, elle va se mettre à la cuisine dans l’endroit en plein air, seul endroit qui a échappé à l’effondrement de sa maison, l’an passé suite à l’abondance des pluies. Jacqueline sera la dernière couchée.

Les décombres de la maison des Sawadogo

Toute la famille dort dehors sur des nattes et un matelas en mousse, alors que nous, nous bénéficions d’un lit confortable et de ventilateurs.

Salle de bain et chambre à coucher en plein air

Nous quittons l’école de Boulsa. Je crois que nous avons fait un bon boulot. Nous avons mis au point une stratégie pour l’adaptation des salaires des enseignants et proposé des mesures très concrètes pour l’amélioration du quotidien des enfants dont un apports nutritifs dans l’alimentation en augmentant de 2 à 4 kilos par jour le poisson pour confectionner les deux plats principaux, un œuf pour chaque enfant par semaine, un complément de vitamines sous forme de comprimés à prendre régulièrement.

Nous avons pu posé toutes les questions qui nous sont venues sur les comptes en rapport avec le parrainage. Frère Etienne s’y est prêté de très bonne grâce et nous a photocopié toutes les pièces comptables que nous désirions. C’est le caissier Bondi qui va apprécier.

Nos trois passagers malgré eux n’auront pas goûté longtemps à la quiétude du climat de Boulsa. Ils ont fini dans la casserole pour un repas de fête offert aux enfants à l’occasion de notre départ.

C’est avec beaucoup d’émotion que nous quittons l’école braille Jean-Marc Meyrat et la cour du frère Etienne. A l’instante demande de nos deux vaillants pasteurs, c’est moi qui est mené la prière avant le dernier repas que nous avons pris chez Etienne et Jacqueline Sawadogo. Nous avons demandé la route, mais ils nous en ont donné que la moitié pour qu’ainsi, nous revenions.

Klaxon au plancher, Etienne nous escorte sur sa moto yamaha, qui a parcouru plus de 13.000 kilomètres depuis six mois qu’il la possède.

Merci à toi cher Etienne, chère Jacqueline, chers enseignants et chers élèves. Nous repartons plein de courage et de détermination.

19 octobre

Jeudi 20 octobre 2011

Etienne dans son bureau directorial

Nous voici arrivés au terme de notre séjour au pays des hommes intègres.

La journée d’hier a été consacrée à quelques achats, à la remise officielle à l’Alliance biblique de trois PC destinés à des étudiants aveugles de l’université de Ouagadougou à une rencontre très agréable avec le directeur de cette même Alliance biblique et, on ne recule devant rien, à une raclette partagée avec les Fayet sous les palles du ventilateur.

Aujourd’hui, nous allons visiter une entreprise qi manufacture le plastique, histoire d’aller jusqu’au bout de ce processus de fabrication de cannes blanches au Burkina Faso. Suivra l’achat d’un cadeau pour la lionne blanche au village artisanal.

Cet après-midi: calme avant notre départ fixé à 8 heures.

Nous voici parvenus à la fin de ces dix jours. Nous espérons que vous avez pris du plaisir à suivre ce blog. A très bientôt!

La patrie ou la mort nous vaincrons!

Jean-Marc et Francine Meyrat