Du Café de l'Ouest à Ouagadougou

Croisière pour l'alphabétisation des enfants aveugles du Burkina Faso

Image d'accueil: Ecole Braille Jean-Marc Meyrat à Boulsa au Burkina Faso

Catégorie: En bus pour Boulsa, mars 2009

6 mars 2009

Vendredi 6 mars 2009

Le muezzin nous a réveillés à l’aube. Le repas d’hier: tajine de bœuf, pain, eau, rien de particulier, si ce n’est la sauce. Imaginez des oignons confits par une patiente cuisson à l’étouffée avec des raisins secs. Avec du pain en galette, un vrai délice. Puis un thé en actualisant le blog, un verre de pinard tiré de notre bidon de merlot et dodo, demain, le désert nous attend.

Philippe qui a été mécanicien sur avion dans ses jeunes années, bichonne le Toyote. Tout est en ordre, Goran a fait du super boulot, merci à toi ami! (garage Goran, chemin de Renens à Lausanne). Le temps de boire un café et de distribuer les rations règlementaires de dar-vida, et nous voilà partis pour une longue étape, 850 kilomètres, qui nous conduira de Tan-tan à Dakhla. Nous allons passé par Laayoune qui était, si je ne me trompe pas, la capitale du Sahara occidental, ex Maroc espagnol, avant que la région soit annexée par le royaume chérifien. Nous longeons l’océan que surplombent de hautes falaises. Il y a des creux de 4 mètres et des rouleaux aussi magnifiques qu’impressionnants.

Nous venons de traverser ce qui devait être l’ancienne frontière. Les contrôles vont certainement être encore plus fréquents du fait que nous entrons dans une zone militaire. Nous venons même de croiser un véhicule de l’ONU. Philippe conduit, j’ai pris place à l’arrière séparé de mes deux compagnons par le moteur du Toyote qui ronronne bravement. J’entends de temps à autre derrière moi, le tintement de la sonnette de fin de ligne d’une machine Perkins pour écrire le Braille.

Ils sont vraiment tordus ces policiers marocains. A croire que les contraventions représentent la seconde ressource du royaume après le tourisme. Ils placent des limitations et les radars qui vont avec, n’importe où, aux endroits où on les attend le moins. Pire encore, lorsqu’ils t’arrêtent à un des multiples contrôles, deux totalement identiques à 50 mètres l’un de l’autre à l’entrée de Laayoune, c’est pour te gauler 200 mètres plus loin lorsque tu redémarres soulagé la fleur au fusil. C’est exactement ce qui est arrivé hie à Bondex. Il ne faut pas que je me plaigne trop des contrôles puisque grâce à l’un d’eux, j’ai appris les seconds prénoms de mes acolytes: Paul pour Philippe et Gilbert pour Michel. Est-ce que ce sont vraiment là les prénoms d’une équipe qui gagne?

Au plat du jour pris en roulant: délicieux pain en galette et terrine de sanglier. On y va molo sur le pinard car il n’y a déjà plus de bière. Petits beurres comme dessert, c’est ça la vie en campagne!

Le Toyote file sur une belle route rectiligne. De chaque côté, c’est le désert. Quelques rares arbustes, un troupeau de chameaux et son berger parfois, au loin des dunes de sable et au-delà des dunes, l’océan.

Voilà, les ennuis commencent. Nous venons de nous faire arrêter, toute la troupe au poste canne blanche déployée. Il semble que ce chère Toyote ne soit pas couvert par son assurance au Maroc. C’est tout de même bizarre. Nous avons déjà été contrôlés au moins vingt fois et l’on ne nous a jamais rien demandé. Comme par hasard, le policier nous a réclamé des bières en apercevant le cadavre de la Stella Artois du mécanicien Philippe. Il faut absolument que rien de fâcheux ne nous arrive… inch’allah. Ils nous ont étonnamment laissés repartir sans payer ni assurance ni bakchich, à cause de notre but humanitaire. Je dois avouer que je ne suis pas très tranquille. Que les prières de Heinz, de Lucien Naré, de Bouba, du pasteur Samsung et de tous les autres accompagnent le Toyote et, par la même occasion, ses occupants!

Je viens d’apprendre une très triste nouvelle. Ma petite Colinette a perdu sa petite Nala. J’aimerais te dire une chose, petite Colinouche, ta petite minette Nala est montée au ciel retrouver mémé Monique, Christophe, le tonton Michel, toutes les personnes que toi et nous tous aimons beaucoup. J’aimerais encore te dire un truc. Au ciel, il y a une place réservée pour les minous. Là-bas, il y a déjà Pétolon et le minou de Marie. Tu verras, ils vont très bien s’occuper de la petite Nala. Courage petite Coline, Ton tonton qui pense très fort à toi depuis très loin en Afrique.

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Danger chameau! Non conforme au code suisse

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Avant Layoune

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Maison de pécheurs au Sahara

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Après Layoune

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Un petit âne qui pense à Colinette

7 mars 2009

Samedi 7 mars 2009

Dakhla est une ville très touristique située sur une presqu’île. Nous avons tourné au moins une heure avant de trouver un hôtel à la mesure de nos moyens. Histoire de changer du tajine, ravioli en boîte dans la casemate. Bondi a sorti son campinggaz. Cela lui rappelle les virées sous tente avec la Doche et leurs trois fils, à Philippe Paul, ses cours de répétition et à moi, le sempiternel menu du lundi soir à l’asile des aveugles. Nous avons sifflé la bouteille de whisky pour ne pas risquer d’importer des produits prohibés en République islamique de Mauritanie. Il reste un peu de pinard dans le bidon ce qui fait dire à Philippe: « Si il était bon, il y a longtemps qu’il n’y en aurait plus! » Tout en sirotant notre whisky, Philippe et moi choisissons les photos et préparons les textes pour le blog. On entend Michel faire la tambouille et crier comme en famille: « à table! »

Ce matin, petit café dans le bistro du coin qui ressemble comme beaucoup d’autres à un hall de gare, et départ.

Nous venons de rejoindre la route qui va nous mener jusqu’à la frontière mauritanienne. De chaque côté, le désert, il pleuvine par moment. La couleur du sable généralement proche de celle du pantalon de Philippe, passe ici de l’ocre, au jaune, en passant par le gris presque blanc. Depuis 80 kilomètres, nous n’avons croisé que deux véhicules.

Nous nous sommes fixé comme objectif du jour, Nouadhibou, la deuxième ville de Mauritanie située peu après la frontière où aboutit la voie ferrée qui achemine dans ce port le minerai de fer. D’ici là, trois difficultés, et non des moindres, nous attendent: premièrement, la sortie du Maroc, deuxièmement, un no man’s land sans piste réellement tracée entre le poste frontière marocain et le mauritanien, et troisièmement, la douane mauritanienne réputée peu engageante. Mais pour ne pas transgresser les règles immuables, nous avons préparé quelques cadeaux, des téléphones portables, pour attendrir la rigueur des douaniers mauritaniens: inch’allah. Nous venons de dépasser le tropique du cancer, 23 degrés 27 minutes latitude nord, 16 degrés 1 minute longitude ouest. Dès maintenant, nous complétons jusqu’au goulot le réservoir du Toyote, aussitôt que nous apercevons une des rares stations d’essence qui ne proposent de loin pas toutes de la super.

J’ai pris place à l’avant du Toyote à côté de Philippe. Bondex prépare le pique-nique à l’arrière. Il débite la viande séchée et distribue les blévita et le pinard pour lui et moi, et l’eau pour Philippe. Quelques larmes coulent dans le Toyote. Les unes de tristesse car on arrive gentiment au bout de l’excellente viande sèche de Greg (boucherie Brumann à Granges VS) et les autres de bonheur, parce qu’on parvient enfin au fond du bidon de merlot.

La sortie du Maroc

Nous serons restés plantés là trois heures et demie. Dans ces circonstances, même la canne blanche demeure impuissante. Les uniformes sont de toutes les couleurs. De l’armée à la police, de la gendarmerie au douanier, ils sont tous là. Autant de contrôles, de tampons. Nous tombons d’autant plus mal que c’est la pause de midi et que tout le monde mange. En plus, hier vendredi, jour de la prière, la frontière mauritanienne était fermée. Les gars restent là debout à ne rien faire, à attendre comme nous. Mais attendre quoi? on n’en sait rien, on attend. La hantise de la dernière benne commence à s’insinuer dans nos esprits résignés: pourrons-nous entrer en Mauritanie ce soir encore?

La piste

On est enfin passé’ roulez bolide. Je n’ai jamais vu une piste pareille. Elle est pire que les coins les plus épouvantables de celle qui mène à Boulsa. Sois vaillant mon brave Toyote, promis, nous ne te ferons plus jamais subir des horreurs pareilles, tiens bon mon petit. Aux alentours, Une vraie poubelle, des centaines de carcasses de voitures abandonnées. Cela ne serait vraiment pas le moment de crever. « Merde, ça y est, on s’est ensablé! ». On ne peut ni avancer, ni reculer. C’est un peu la panique à bord du Toyote. On descend et on sort les pelles, avec Bondex, on pousse, on avance de 10 centimètres, rien à faire. Comme par enchantement, dix minutes plus tard, se pointe un bus Mercedes pour nous tirer de ce très mauvais pas contre monnaie sonnante et trébuchante bien sûr. Nous n’avons pas le choix et nous laissons 50 euros dans cette aventure. Il est certain que les gars font des traces qui ne mènent nulle part pour que ceux qui ne connaissent pas la vraie piste se plantent. Maintenant, nous sommes dans la queue pour entrer en Mauritanie. A chacun son Paris Dakar. Mais que d’émotion! Ouf, on est passé la frontière sans bakchich, sauf 8 dafalgans. Super chauffeurs, super Toyote, super souvenirs. Bonne nouvelle, cher Toyote, tu es couvert en Mauritanie.

Il nous restait une bouteille de petite arvine que nous destinions à Philippe et Tinou. Compte tenu des circonstances, elle sera bue dès ce soir, à votre santé, cher Philippe et chère Tinou, mais aussi à la nôtre et surtout à celle du Toyote.

Pour toi, petite Colinette, voici une photo du Oui-oui. Il pense également très fort à toi, tonton aussi, Philippe et Michel également. Gros bisou Colinouche!

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Désert entre Maroc et Mauritanie

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Coucou de Oui-oui pour Colinette

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Mosquée de Dakhla

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Bon, on fera pipi sur la route

Important pour l'équipe du Toyote

Lundi 9 mars 2009

Je fais une courte irruption dans ce récit de voyage fort intéressant.
Voici quelques indications pour Jean-Marc, Philippe et Michel en ce qui concerne l’entrée au Burkina:

1) Douane burkinabée:
Des difficultés de dédouanement du matériel sont fort probables malgré une attestation de don. Les douaniers risquent même de poser des questions par rapport au véhicule à plaques suisses, ils sont malins… Lucien Naré a pris les devants et a informé le Ministère Social, un dossier s’est constitué et une demandé d’exonération du matos et du Toyote est déjà introduite. Je lui ai envoyé une copie de la liste du matériel et la copie du papier légalisé du minibus. Voici la valeur déclarée: véhicule CHF 8000.- = 3’200’000 FCFA et le matériel: CHF 7500.- = 3’000’000 FCFA. En cas de sérieuses difficultés à la douane on peut appeler le chargé du dossier à Ouaga, Mme Julienne Kaboré, directrice de la protection et de la promotion des handicapés au 226 50 30 82 94 ou au 226 70 27 00 80, elle est chargée de contacter la douane pour toutes difficultés.  Naré me dit aussi de demander d’après Mr Bazié, chef de douande entre le Mali et le Burkina de la part du pasteur Bazémo Joany à l’église de la zone 1. (voilà pour les arrangements burkinabés…) Le No. de Lucien Naré: 226 70 72 60 10.

2) Bobo-Dioulasso
Avant de quitter Bobo-Dioulasso pour Ouaga, il faut appeler le roi Naré ou Bouba, leur dire à quel heure vous pensez arriver, une surprise royale vous attendra aux portes de la ville…

3) Dédicace:
La Bible en braille mooré sera dédicacée le 24 mars. C’est une première pour le braille en langue mooré et un évènement important pour tous les aveugles burkinabés. Les autorités étatiques et ecclésiastiques seront présentes. Alain Décoppet qui a beaucoup contribué au braille dans des langues vernaculaires apportera un message de la MEB. Il sera accompagné du directeur de Mimavision d’Yverdon qui fera un tournage et des interviews filmées pour produire un DVD professionnel de 30 minutes. Les aventuriers de la Toyota suscitent déjà un vif intérêt cinématographique… préparez-vous et laissez le Toyote avec sa poussière du Sahara! Bouba, quand à lui, cherche une église qui s’y prête pour faire une première lecture en braille mooré et qui accepte les dérangements du caméraman.

Allez, continuez avec courage, vaillants mousquetaires et à plus… Heinz Rothacher

Ci-dessous les « trois hommes intègres » qui comptent les heures…

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Le Roi Naré, heureux chevalier de l'Ordre du Mérit

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Avec le sourire de Bouba, marié depuis peu...

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Et le symphatique Pasteur Sam-Sung

8 mars 2009

Lundi 9 mars 2009

Nouadhibou est une ville portuaire qui compte 120.000 habitants. Ici, 15.000 pauvres gens espèrent trouver la richesse en Europe. Ils attendent un hypothétique moyen de transport, une coquille de noix souvent, pour rejoindre au péril de leur vie les îles Canaries qui sont distantes de 500 kilomètres. Philippe, notre loup de mer, nous explique que les plus gros coups de tabac qu’il a essuyés, l’ont été dans ces régions.

Hier soir, nous nous sommes faits un peu avoir. Nous avons payé trop cher un hébergement vraiment sommaire. Cela sentait le pipi et ce matin, l’unique fenêtre du cantonnement celle de la salle de bain m’est tombée sur la gueule et l’eau chaude promise brillait par son absence. Je n’ai pas vraiment goûté à la viande de chameau qui ressemble un peu à celle de cheval en plus sauvage. Nous avons comme prévu sifflé la bouteille de petite arvine et bu quelques ricards.

Nous espérons traverser la Mauritanie en deux étapes. Aujourd’hui, le Toyote et ses trois hyènes quittent Nouadhibou pour rallier Aleg, 740 kilomètres plein sud. Le désert est partout, parsemé ça et là de tentes à quatre pans et de cabanons. La circulation est quasi nulle. Il n’y a pas un seul nuage à l’horizon. Dès maintenant, le soleil ne nous quittera plus jusqu’à Ouagadougou.

Nous sommes arrêtés au passage du train qui transporte le minerai de fer et qui rejoint Nouadhibou. A 40 kilomètres à l’heure, 164 wagons tractés par trois locomotives défilent devant le Toyote médusé. Nous allons longer maintenant le parc national du Banc d’Arguin.

Il est vraiment trop fort notre Philippe, ce génial décorateur mécanicien sur avion. Grâce à l’équivalant en points braille des lettres composant les mots « mission braille » qu’il a collés sur la portière du Toyote, un policier mauritanien vient de prendre sa première leçon de Braille. Voilà enfin un concurrant sérieux à Mouskie, la souris informatique pour apprendre le Braille dont il est l’inventeur (http://www.braillecode.ch. Au loin maintenant, des dunes qui ressemblent aux dires de Bondichéri, à mes sculptures en pierre ollaire. Dois-je prendre cela pour un compliment? Je l’ignore. De temps en temps, Philippe fait ralentir le Toyote et saute pour aller prendre des photos. Ici, c’est un troupeau de chameaux qui traverse la route, là, une succession de dunes qui ressemble à un alignement de Mouskies.

Nous changeons de configuration. Philippe prend le volant, moi, la place du mort et Bondex, le couteau suisse. Au menu: baguette, terrine du Sud-ouest et de l’eau bien sûr. Ce n’est pas tout à fait vrai. Le cuisinier Bondi en tordant à mort le sac du cubiteiner, a réussi à en tirer les dernières gouttes, les pires. Au septième contrôle du jour, j’ai le verre du surplus de l’armée marocaine à la main: « tous aux abris! » Au dixième contrôle, le policier nous demande un petit cadeau. Nous avons décidé de céder les téléphones portables qu’en dernière extrémité. Bondi cherche désespérément quelque chose dans les cartons et sort un paquet de petits beurres. Il sera dorénavant privé de dessert car il aurait au moins pu leur filer un paquet de blévita. Au prochain contrôle avec cadeau, nous leur refilerons un bocal de nutella, il paraît que c’est très bon pour soigner les maux de tête en application externe.

Nous sommes à Nouakchott. Noyés dans le trafic intense, les braves petits ânes tirent courageusement leur carriole surchargée avec tant de résignation que cela fait mal au cœur. Le marché bat son plein. Cela sent les peaux fraîchement tannées. La circulation est infernale. Cela klaxonne de partout, Toutes les voitures sont cabossées ainsi, tu vois, mon bon Toyote, avec tes creux et tes bosses, tu ne seras pas dépaysé et tu t’habitueras très vite à ta nouvelle vie au service des aveugles du Burkina. Cette fois, il commence à faire chaud, cette fois, on est vraiment en Afrique noire.

La route qui nous mène à Aleg, traverse de nombreux villages. Le principal danger, ce sont les animaux domestiques qui vont où bon leur semble. Il n’est du reste pas rare de voir ou chameau ou une vache crevés au bord d’une route étonnamment bonne sur laquelle camions et voitures roulent vite.

Après que le Toyote a dépassé les 290.000 kilomètres au compteur et 21 contrôles de police dans cette seule étape, soit en moyenne un tous les 35 kilomètres, nous sommes rendus à Aleg, une semaine après notre départ du Café de l’Ouest.

Pour toi, petite Colinouche. Tu vois, aujourd’hui Oui-oui fait le plein. Demain, tu le retrouveras dans le désert. Gros bisous de ton tonton de très loin en Afrique et de ses copains du Toyote!

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Désert de la soif

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Oui-oui encore un peux froid

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L'Afrique se vide

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Courage brave bête

9 mars 2009

Lundi 9 mars 2009

Hier soir, à Aleg, l’ardoise du bistro « chez Mimiche » proposait: maïs et taon en hors d’œuvre, le cassoulet du chef avec ses saucisses et le vin du mois, du Fanta. Comme souvent, il y a eu contestation entre le prix négocié à l’arrivée et le prix exigé au départ. Dans ces pays, il vaut mieux payer dès le marché conclu, car pendant la nuit les prix risquent de prendre l’ascenseur. Nous avons eu droit à un filet d’eau mais une petite climatisation un peu poussive nous a permis de passer une nuit somme toute agréable.

L’étape du jour qui devait initialement mener le Toyote et ses hyènes jusqu’à la frontière malienne à Nioro du Sahel sur 785 kilomètres, risque d’être raccourcie de 200, jusqu’à Ayoûn, à cause de l’état de la route et surtout à cause de l’accumulation de fatigue des chauffeurs dont les avant-bras ont déjà été mordus par le soleil. En tout état de cause, elle sera dure, chaude et sans puisque nous avons réglé son compte à la bouteille de Ricard au bivouac d’hier.

Nous avons, semble-t-il, quitté le Sahara proprement dit pour pénétrer dans le Sahel. Sur les immensités plates que notre route traverse, il y a de l’herbe sèche et des petits arbres. Mais au loin, se profilent encore des dunes. C’est comme si nous nous trouvions dans une région de transition.

Comme nous n’avons pas même eu le temps de prendre le petit déjeuner, nous stoppons le Toyote en rase campagne et Bondichéri sort son célèbre camping-gaz, Philippe son bocal de café instantané et je distribue le pain.

Les villages que nous traversons sont ici plus riches. Les maisons sont généralement construites en dur. Au fond d’un oued nous entrevoyons même un petit coin de culture maraîchère. « Merde! on a crevé! ». C’est le branlebas de combat. Tout le monde descend. C’est là que l’on va vraiment voir à l’œuvre les pros de la route. Philippe, toujours trop fort, sort son matériel qui a fait dix Paris Dakar: cric, caisse à outils complète, compresseur à brancher sur l’allume cigare. Michel Gilbert et Philippe Paul soufflent comme des phoques sous le Toyote. Il fait une chaleur à crever. En une demi-heure à peine, tout est plié. Je suis vraiment bien triste de ne pas pouvoir leur servir une bière fraîche à ces rois de la mécanique. Je m’en mettrais bien aussi une derrière la cravate, même si je n’ai pas fait grand chose à part encourager et féliciter mes deux potes bien sûr. Nous voilà repartis pour de nouvelles aventures. La moyenne est bien évidemment lamentablement tombée après la pause café et notre crevaison. Trois priorités s’imposent aux trois hyènes du désert que nous sommes peu à peu devenues: réparer la roue, acheter de l’eau et faire de l’essence.

Ici, la végétation change encore, une palmeraie. Ce sont les premiers palmiers que nous rencontrons depuis Dakhla au Maroc. Nous franchissons maintenant un petit col qui traverse le massif du Tagân pour rejoindre Kiffa, la troisième ville de Mauritanie avec ses 40.000 habitants.

Nous avons réparé la roue, trouvé de l’eau, même du coca auquel Philippe trouve un léger goût de rhum. Seraient-ce les premiers effets du désert? ses premiers mirages? Seule manque toujours à l’appel: l’essence qui est vraiment très rare dans ces régions où tous les véhicules roulent au diesel. Pour rallier Kiffa, nous devons recourir au jerrican. Il ne nous reste que 47 bornes, cela devrait aller, mais s’ils sont en rupture de stock, on est vraiment mal… Philippe ralentit et s’arrête. Un chameau traverse tranquillement la route. Bondex prend des photos. Philippe baisse sa glace et s’adresse au chameau: « Ça va pas non? Ils dressent comment les chameaux ici? Chez nous cela ne se passerait pas comme ça! » C’est fin, non? Ouf! C’est bon. Après une quinzaine de stations, en voilà enfin une qui propose de la super, c’était par les poils. Oh! Que tu avais soif, mon bon Toyote, te voilà satisfait, heureux, prêt à affronter toutes les difficultés qui nous attendent encore et à partager avec tes trois hyènes, toute la joie qu’elles ont d’être ensemble à ton bord.

Compte tenu des aléas du matin et de la route très mauvaise par moment depuis Tan-tan, nous décidons de poser sac à terre à Ayoûn, dans 50 kilomètres. Les alentours de cette ville ressemblent furieusement aux paysages du far-West. L’étape du jour aura tout de même été de 570 kilomètres. De toutes les façons, nous sommes toujours dans les temps des prévisions les plus optimistes.

Aujourd’hui, petite Colinette, comme promis, Oui-oui est dans le désert. Demain, où sera-t-il? C’est une surprise. Il sera dans un nouveau pays car nous allons entrer au Mali. Est-ce que ce n’est pas le nom de ton pédiatre? Ton tonton et ses potes te foot de gros bisous et pensent très fort à toi depuis de plus en plus loin en Afrique!

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Nous avons quitté le Sahara

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Désert rouge

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La maison dans les dunes

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Cours de braille pour policier

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Bondex au boulot

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Western couscous

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Oui-oui a enfin chaud

Galerie photos – Départ Café de l’Ouest

Dimanche 1 mars 2009

Voici le shooting de Claudio Galiezia, patron du Bistro du Flon. Ci-dessous les amis et proches sont parmi ceux qui ont entouré nos 3 aventuriers au départ le 1er mars. Ils participent aux projet « Ecole pour enfants aveugles à Boulsa ». Ils suivent le parcours et vous souhaitent bonne route. Heinz

Voici le shooting de Claudio Galiezia, patron du Bistro du Flon. Ci-dessous les amis et proches sont parmi ceux qui ont entouré nos 3 aventuriers au départ le 1er mars. Ils participent aux projet « Ecole pour enfants aveugles à Boulsa ». Ils suivent le parcours et vous souhaitent bonne route. Heinz

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A l’apéro de départ du 1er mars

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A l’apéro de départ du 1er mars

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A l’apéro de départ du 1er mars

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A l’apéro de départ du 1er mars

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A l’apéro de départ du 1er mars

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A l’apéro de départ du 1er mars

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A l’apéro de départ du 1er mars

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A l’apéro de départ du 1er mars

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A l’apéro de départ du 1er mars

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A l’apéro de départ du 1er mars

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A l’apéro de départ du 1er mars

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A l’apéro de départ du 1er mars

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A l’apéro de départ du 1er mars

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A l’apéro de départ du 1er mars

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A l’apéro de départ du 1er mars

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A l’apéro de départ du 1er mars

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A l’apéro de départ du 1er mars

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A l’apéro de départ du 1er mars

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A l’apéro de départ du 1er mars

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A l’apéro de départ du 1er mars

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A l’apéro de départ du 1er mars

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A l’apéro de départ du 1er mars

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A l’apéro de départ du 1er mars

10 mars 2009

Mercredi 11 mars 2009

Elle était très agréable cette soirée à Ayoûn.

Avant d’aller nous occuper du blog avec Philippe, petit apéro au coca. Puis nous nous rendons sur une sympathique terrasse posée dans le sable où le repas est préparé devant nous. Brochettes de mouton pour le mécanicien, poulet grillé pour Michel et moi. Le demi gallinacé servi avec quelques frites est délicatement posé sur un lit de spaghetti revenus avec de l’oignon doux, accompagné d’eau bien entendu. C’est vraiment savoureux. Et en guise de clef de voûte de ce délicieux repas: le thé. Ce thé, subtile mélange de menthe fraîche, de cardamome et de sucre qui est servi bouillant dans de petits verres. En versant le thé de très haut dans les verres, ils obtiennent une mousse légère et odorante absolument extraordinaire.

C’est avec un peu de nostalgie que nous quittons aujourd’hui la Mauritanie pour Bamako au Mali. Les Mauritaniens sont vraiment des gens sympathiques, courtois et serviables. Ils ne sont pas du tout à vous « harceler » sans arrêt, comme hélas certains autres. Même les policiers qui sont omniprésents, sont débonnaires et agréables. Ils sont un peu pathétiques. Ils ont toujours mal quelque part, aux yeux, à la tête, aux dents et nous demandent des médicaments croyant que nous sommes médecins. Je sors ma grosse boîte de dafalgans, regrettant sincèrement de ne pas y avoir pensé plus tôt. Rien à voir avec les policiers marocains qui sont tatillons, inquisiteurs et à la limite de l’arrogance. Ils ne décadreraient pas du tout en Suisse allemande. Jusqu’à maintenant, nous n’avons dû donner qu’un téléphone portable à un policier à Nouadhibou parce qu’il regardait d’un peu trop près l’intérieur de ce cher, gentil et brave Toyote. Il faut préciser qu’à ce moment-là, nous avions encore du Ricard.
Vraiment, chère canne blanche, tu es magnifique. Lors d’un contrôle, un des derniers sur territoire mauritanien, Philippe s’arrête au mauvais endroit: stationnement abusif. Dès l’instant où le permis de conduire doit être présenté, cela sent l’amande. Nous descendons, la blanche et moi, faisons le tour du Toyote et allons faire un brin de causette avec le gendarme. Je lui demande des nouvelles de sa santé, de celle de ses enfants dont le petit dernier traîne par là, je lui fais lire l’heure sur ma montre qu’il veut acheter. Là, par contre, il faut en plus de l’impression causée par la blanche et son propriétaire, des petits cadeaux pour faire sauter l’amande: une bouteille d’eau fraîche et quelques dafalgans, il n’y a vraiment pas de quoi en faire un plat. Merci ma canne, ma chère amie, toi qui, avec Francine, jamais ne m’a trahie. Puisque j’en suis aux remerciements, merci à vous les Perren pour le magnifique frigo. A cause de la température, il ne rafraîchit pas, par contre il maintient au frais, quel bonheur. Il fait une chaleur à crever.

Encore un contrôle. Cette fois la demande de cadeau est plus pressante. Le policier monte à bord du Toyote. Nous n’y échapperons pas. Je fais surgir de ma besace un téléphone portable qui s’en va rejoindre immédiatement la poche du policier. Après cet échange de bons procédés, on parle de tout et de rien. Nous arrivons au poste frontière malien de Gogui. Là encore, la blanche fait son effet. Toutes les formalités accomplies, nous roulons encore 65 kilomètres pour atteindre Nioro du Sahel, le poste de douane où notre cher Toyote sera peut-être fouillé de fond en comble. Mais nous avons la baraka, il n’a pas eu à livrer ses entrailles. Ça y est, la frontière est passée, nous cherchons de toute urgence le premier endroit où nous pourrons acheter une bière. Il fait 44 degrés dans le Toyote et il nous faudra attendre très longtemps, trop longtemps.

Que se passe-t-il? Bondex traîne pour le dernier papier, l’assurance pour que le Toyote puisse rouler au Mali. Il revient en râlant: « Ils demandent 56.000 francs CFA, 120 francs suisses environ). Ce n’est pas possible, c’est beaucoup trop cher. Mon sang ne fait qu’un tour. Je saute du Toyote et départ au bureau, la blanche en main prête à cogner dans le tas. Nous entrons comme des furies dans le bureau. Bondex est déjà derrière le comptoir. Cela commence à gueuler. J’attrape par l’épaule un collègue de l’employé indélicat. Je dis au gars qu’il a intérêt à nous aider si non, il y aura un scandale comme jamais il n’y en a eu dans tout le Mali. Le collègue nous soutient et dit que son camarade s’est trompé, l’erreur est humaine. Ainsi, l’argent indument perçu revient dans l’escarcelle du caissier Bondi. Oh! Ma canne blanche! Que ferions-nous sans toi?

Mercredi 11 mars, journée de repos pour les coureurs à Bamako, avant d’attaquer les alpes.

Tu vois, petite Colinette, pendant que les fonctionnaires pompent l’air à ton tonton et à ses potes, Oui-oui lui, pompe de l’eau. Tout le monde pense très fort à toi et te fait des gros bisous du Mali où tous les petits enfants sont noirs!

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Perdu dans le désert pour vos dons compte CCP....

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Corvée de bois

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Le père Jean-Marc enseigne le braille

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Docteur au chevet du pneu Michel inquiet

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Après le désert, Oui-oui a soif

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Point d'eau au Mali

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Village au Mali

11 mars 2009

Mercredi 11 mars 2009

Journée de repos

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Oui-oui au marché

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Le premier qui trouve reçoit la considération des coytes

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Pharmacie pour voitures Baja Jean Paul Forclaz Mabako

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Notre cuisinière à Mabaco

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Marché utilitaire de Bamako

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Enfin après 3428km

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Mercredi relâche

12 mars 2009

Vendredi 13 mars 2009

Très cool ces deux jours à Bamako. Le Toyote et ses trois hyènes avaient bien besoin de cette journée de repos. Nous avons passé deux nuits chez Rachel Sommer qui, avec son ami malien, tient un gîte (i bé i ka so: tu es chez toi) que nous vous recommandons chaleureusement http://www.grenybamako.com »>www.grenybamako.com, téléphone: 00223.65.51.52.99 ou 00223.76.28.98.00). L’accueil est très agréable, les chambres simples et confortables. Ce gîte est situé dans un quartier calme au nord de Bamako.

La journée d’hier a été ponctuée par quelques visites au cybercafé du coin, par une ballade dans le marché utilitaire et par quelques haltes au bar le Pili-pili, un endroit fort sympathique il est vrai.

Lorsque je quitte un endroit où je ne fais qu’ouvrir ma valise et sortir quelques effets, je demande toujours à quelqu’un de jeter un œil au cas où j’aurais par hasard laissé traîner quelque chose. En ce qui me concerne, tout était en ordre. Par contre, Bondex a bien failli oublier les bières patiemment mises au frais pendant la nuit. Si c’est pas malheureux des choses pareilles.

L’Afrique est vraiment révélatrice. Bien que je sois la plus jeune des trois hyènes de la bande, 50 ans cette année, alors que Philippe en a 55 et Bondi 64, mes cheveux blancs tout en me vieillissant, me confèrent la sagesse. Lorsqu’on est aveugle, on ne se voit pas vieillir. On sent bien que la carcasse s’alourdit et que le souffle devient court, mais on ne voit pas sa tronche dans la glace. Deux occasions loin d’être désagréables m’ont donné à réfléchir: un douanier malien m’a appelé « mon père » et je suis celui qui a la primauté pour le service du sacrosaint thé.

La sortie de Bamako n’est pas vraiment un cadeau. Cependant, en suivant sur 25 kilomètres la petite moto made in China de l’ami de Rachel, nous allons nous en sortir et serons bientôt sur la route de Sikasso qui nous mènera à la frontière malienne. Tiens, nous venons de traverser le fleuve Niger.

A ces différentes frontières, nous pourrions bien rencontrer des difficultés d’un autre ordre. Cette chère canne blanche risque de devoir à nouveau entrer dans la danse. La blanche, il faut savoir en user sans en abuser.

Il est onze heures à bord du Toyote. Je trouve le temps un peu long ce matin. Est-ce l’odeur de l’écurie qui titille mes naseaux? Histoire de narguer un peu Philippe, je décapsule une flag à la hauteur de son oreille. C’est bizarre l’impact qu’ont certains bruits sur l’être humain « Mais, qu’est-ce que j’entends, je pense que tu avais le doigt sur la montre depuis une demi heure ou quoi? » Vraiment, il ne se passe pas grand chose, la route traverse des villages dont la traversée est limitée par des gendarmes couchés absolument gigantesques. Dès l’instant, où le Toyote s’arrête, des enfants sortent dont ne sait où. La route devient de plus en plus mauvaise. Comme je n’ai pas grand chose à raconter, je vous donne en primeur le menu du jour: terrine aux herbes de Provence qui est bien moins bonne que celle du Sud-ouest qui nous a ravis l’autre jour. Mais où était-ce? Au Maroc peut-être, cela paraît déjà si loin.

Nous venons de passer les deux premiers contrôles pour sortir du Mali. Encore un dernier. Bondex revient en exhibant nos passeports « nous sommes libres ». Nous roulons maintenant vers le poste frontière burkinabé. Nous nous attendons au pire. Eh bien, le pire n’aura pas eu lieu. Tout s’arrange à l’africaine. Philippe a même échangé son numéro de téléphone avec un douanier dont l’oncle est décorateur. C’est tout simplement un peu long mais grâce à la terrasse du bar voisin, le temps passe agréablement. Je viens de donner un vieux téléphone portable à une jeune fille, elle n’en revient pas. nous lui avons fait jurer de ne rien dire aux autres de peur que tous rappliquent. Pourvu que ce téléphone fonctionne. Maintenant, on attend Bondi, comme d’habitude, qui traîne dans les bureaux. Le voilà! il revient la tête basse: Le chef regarde nos papiers. Tout paraissait en ordre. Mais il faut encore deux téléphones portables. Mais l’essentiel est là: nous sommes à Bobo-Dioulasso au Burkina Faso. Bravo les chauffeurs et bravo le Toyote qui s’est montré d’une vaillance sans pareille.

Chère petit Colinouche, come tu le vois, Oui-oui fait aujourd’hui son premier jour e’école à Bobo-Dioulasso.

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Nous sommes passer par là

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Ne vous prenez pas la tête

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Je vous ai apporté des bonbons...

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Son premier jour d'école

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Une fausse piste

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Soirée spagouse chez Rachel

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Une des trois Volta

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La voiture est encore au catalogue

Chez Rachel

Vendredi 13 mars 2009
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Rachel, Rachel, si les petits cochons te mange pas (François Béranger)